AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  Connexion  

Partagez | 
 

 
la maison du bonheur (Neron)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage

avatar

la nuit je mens, à Paris je me fonds

MESSAGES : 439
DATE D'INSCRIPTION : 09/10/2015

MessageSujet: la maison du bonheur (Neron)   Lun 9 Nov - 21:24

 
Neron & Calla
 
Extraordinary things are always hiding in places people never think to look.

 

 

 
Le Soleil s'est couché depuis quelques heures. Les lampadaires se sont allumés. Celui d'en face clignote toujours, il s'éteindra tout seul d'ici quelques minutes. L'enfant se déhanche au son du maïs qui éclate dans la poêle. Pas d'appareil. La bonne vieille méthode de la poêle et du couvercle. Ça fonctionne très bien.  Le silence s'installe, mais elle continue sa danse étrange. Enlève le couvercle et se brûle les doigts. Ce n'est pas très grave juste pas agréable. Les grains éclatés glissent dans un autre récipient. Calla fait des pop-corns pour le plaisir. Pour la bonne odeur qui va embaumer l'appartement et le reste de l'étage. Elle coince le rouleau de papiers essuie-mains sous le menton et attrape le saladier rempli à mi-hauteur. Le coude appuie sur l'interrupteur de la lumière et elle se dirige dans le salon. Les deux objets sont posés sur la table basse plus vieille qu'elle,  récupérée dans la rue d'après les histoires de la mère. Quelques coups de pinceaux par-ci par-là pour cacher sa misère, mais la peinture s'écaille. Quelques autocollants commerciaux ou de groupes de rock dont personne ne connaît l'existence. La table est à l'image du reste de l'appartement. Elles parlent d'une décoration 'bohème' surtout pour expliquer le fait qu'aucun élément ne va avec un autre. Tout est dépareillé. Tout est d'occasion, rien de neuf ne meuble l'appartement. Il n'y a pas l'argent pour ça. Il n'y a pas d'argent tout court. Le peu que les deux femmes gagnent passent dans le loyer, les charges, les factures et autres éléments du même genre. Calla porte ses doigts à la bouche pour calmer la sensation tout en invitant Neron à se servir d'un geste de sa main de libre. Elle se laisse tomber sur le canapé alors que sa langue caresse toujours la pulpe des doigts légèrement brûlée. Les genoux sont ramenés contre la poitrine.  « Bonne journée ? »  Le regard posé sur le voisin, elle sourit. Il est gentil, un peu étrange, mais elle l'aime beaucoup. Sinon, elle ne l'aurait pas sauvé des griffes de sa mère. Jamais elle n'aurait pensé devenir amie, oui on peut dire ça comme ça, avec le charmant voisin. C'est étrange d'ailleurs, cette relation. Il vient squatter le canapé le temps d'une soirée. Les deux échangent quelques mots, des conversations légères, quelques chamailleries, mais ça ne va jamais très loin. Le privé reste souvent à la porte, les problèmes aussi. Quelque fois, elle se permet de poser sa tête sur les genoux de Neron pour regarder la télévision comme une enfant. Surtout quand elle se sent un peu seule, quand elle a un coup de blues, mais qu'elle n'a pas envie d'embêter les gens avec ses soucis d'enfant objet. La fille qu'on prend et qu'on jette. La fille qu'on veut et qui repousse. La fille qui meurt d'envie d'être aimée sans aimer en retour. Calla a soif de tendresse. Elle est affamée, à la recherche perpétuelle de douceur et trouver quelqu'un qui va l'apprécier réellement. Les doigts quittent enfin la bouche. D'un geste, elle les essuie sur sa cuisse nue. Ce n'est pas une tenue adéquate pour recevoir quelqu'un, mais il n'est pas quelqu'un. Il est Neron, le voisin attachant. Alors elle s'en fout de le recevoir en short et en débardeur. Elle s'en fout qu'il puisse la voir en pyjama ou dans cette tenue peu flatteuse. Y a pas ce jeu de séduction et ça la repose. Même si elle ne peut pas nier qu'il est très charmant et qu'elle ne dirait sans doute pas non si monsieur lui faisait des avances. La jeune femme se penche, attrape une chose informe et la tire sur le canapé. Sur ses genoux plus exactement. Une couette, elle l'étale. Recouvre ses jambes et celle de Neron par la même occasion. Se penche à nouveau et lui lance un oreiller. Elle a ramené presque tout son lit dans le salon. Calla l'aurait bien invité à venir directement regarder la télévision dans son lit, mais ça pourrait sembler déplacer même si elle n'a pas d'arrière pensée. On ne sait jamais comment l'autre personne pourrait le prendre et elle ne veut pas perdre les soirées télé avec son voisin. « Tu peux prendre une chaise si tu veux ou pousser les objets sur la table. » Pour étendre ses jambes, bien qu'il pourrait aussi s'allonger dans le canapé. Il est un peu petit quand même, faudrait se serrer, se coller.  « Je te laisse la télécommande, Cap'taine ! »  Salut militaire et un grand sourire. Chacun son tour et surtout l'envie de garder les mains au chaud. Les yeux font des va et vient entre Neron et la télévision. Ce soir, elle se sent terriblement seule. Pas une solitude du corps, non, c'est à l'intérieur, c'est mental. Elle soulève un peu la couette libérant une odeur de vanille caractéristique de la jeune femme puis se déplace légèrement. Se rapproche de son camarade.  « Ça ne te dérange pas j'espère ? »  Les jambes nues glissent sur le canapé. Elle attrape son bras et le garde enfermé contre sa poitrine.  Elle aime ce contact simple, juste sentir le corps de l'autre pour vérifier sa présence.  Un sourire complice, mignon, celui d'une enfant. La tête est posée sur l'épaule. Ils ressemblent à un couple, l'idée lui traverse l'esprit et elle sourit de nouveau. Un couple très étrange alors.
 


 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 
la maison du bonheur (Neron)
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
LA RONDE DE NUIT :: VILLE LUMIERE - PARIS :: NORD :: HABITATIONS-