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Nostalgie amère.

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la nuit je mens, à Paris je me fonds

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MessageSujet: Nostalgie amère.   Jeu 15 Oct - 22:43


NOSTALGIE AMÈRE




Comme la nostalgie d'une époque qu'elle ne peut pas oublier. Comme une douceur révolue dans des tiraillements incessants, des coups de feu qui ne veulent plus s'arrêter. Les armes sous les bras, les provocations qui ne font que se multiplier, des sentiments écrabouillés par des remarques jetées d'une langue acérée. Amertume dans les mots, l'acerbité dans les regards. Un spectacle de deux acteurs qui depuis bien des mois se joue sur une scène où les spectateurs ne sont que peu nombreux. L'acte premier, le deuxième, le troisième. Aujourd'hui, l'énième. On ne les compte plus, les histoires et querelles, les remontrances et faux-semblants. Ils se mentent, fabulent comme ils respirent, la fierté qui ronge leur honnêteté, les âmes souillées qui ne peuvent plus voir l'once de pureté. Petra, elle observe et parfois, elle agit, quand bien même elle sait que ses actions lui retomberont dessus. De plein fouet. Pourtant, elle ne s'arrête pas. Elle ne veut pas. Parce qu'elle n'est pas dupe, qu'elle est consciente et que malgré ses propres problèmes au niveau relationnel, elle n'est pas aveuglée par les explosions qui ne sont que plus virulentes le temps passant. Petra, naïveté qui anime une maladresse sans nom. Elle a pour habitude de rester en retrait, de ne pas se mêler des affaires qui ne la concernent pas. Celle-ci, elle n'y est pas impliquée et pourtant, elle y met les deux pieds. Elle patauge dans la marée boueuse, la traînée de crasses qui s'élargit. Petra, elle les a connu quand ils étaient réunis. Joints, comme les deux doigts de la main, qui ne se quittaient pas, qui ne voulaient pas être séparés. Elle ne comprend pas, comment l'amour peut amener à une finalité aussi destructrice. Ravageant tout sur son passage, le brin d'humanité de son frère qui s'est dissipé sous les colères multipliées et les poings serrés. Petrouchka, elle subit cette haine qu'il ne contrôle pas, des coups qui sont portés et qu'elle n'hésite plus à rendre d'une force presque inexistante. Les bagarres chez les Wagner, ça a toujours été quelque chose d'assez spectaculaire. Elle se souvient de l'enfance passé, pas sur les pavés, épaulée par ses deux frangins. Elle se souvient des sorties, les deux caïds qu'ils ont été, qui l'ont amené. Élevée à la dure, les bagarres de rues, parmi tous les hommes, testostérone qu'elle craint d'approcher aujourd'hui.

Les rues se ressemblent, Paris qui offre ses nuits excitantes. Pigalle, elle y met les pieds, baisse la tête et se contente d'y compter les pavés. Un, deux trois... « Eh. » Ça continue, la démarche qui ne montre aucune perturbation, comme si elle avait appris à ne pas faire attention. Voix masculine qui frôle ses tympans, le soupir nerveux mais surtout agacé qu'elle laisse échapper. Elle ne parle pas, on sait qu'elle ne parle jamais et qu'elle ne le fera jamais sans doute. Qu'elle ne brandira pas les poings vers le ciel, qu'elle ne fera pas de ravages en pleine rue alors que les allées sont encore bondées. Puis la voix s'évanouit dans le brouhaha d'une atmosphère festive, des langages étrangers et des faciès qui dissimulent le fait qu'ils se sentent parfois perdus. L'allemand qui titille son ouïe, sourire doucement étiré, qui s'efface dès lors qu'elle rentre dans l'établissement. Comme une routine qu'elle veut éviter, elle fuit les regards et se contente d'un simple hochement de tête pour saluer ceux qui s'apparentent à des collègues. Encore une soirée. Avec eux. Et avec des inconnus qui trouvent du plaisir à vous toiser, les prunelles qui font le trajet du haut vers le bas, et inversement. Les rires, les applaudissements, les choses qu'elle a appris à supporter et à finalement accepter sans trop rechigner.

Les cloches sonnent minuit. Marcher, ou prendre le métro. L'un, comme l'autre, elle sent la mauvaise graine qui s'apprête à lui attraper le poignet. Haussement d'épaule. Elle préfère marcher, peut toujours courir si problème il y a, n'est pas enfermée dans un wagon à attendre la prochaine station. Elle pousse la porte d'entrée, son échappatoire, sa voie pour fuir les odeurs du cabaret si prisé. Seulement quelques cas, qui se veulent tranquilles, calmes. Pas sur ses gardes, simple attention habituelle, les yeux qui sillonnent l'horizon qu'elle n'apprécie pas. Trop d'allées, trop de rues, trop de pavés, trop d'individus, trop de lumières alors que le Soleil s'est couché depuis une poignée d'heures déjà. Comme si la ville ne voulait pas s'endormir, ne voulait pas éteindre les lampadaires et panneaux publicitaires.

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MessageSujet: Re: Nostalgie amère.   Ven 16 Oct - 23:11

“The saddest thing about betrayal is that it never comes from your enemies..”

PETROUCHKA & CALLA





Les risques du jeu. Les jours se font nombreux et l'attente insupportable. Il la surprend chaque jour. Lui fait croire qu'il va céder avant de s'éloigner. Éveille la curiosité bien plus que l'excitation. Calla se surprend à rêver de lui bien plus qu'elle ne le devrait. Il s'invite dans chaque pensée, chaque parole joyeuse. Elle perd patience à l'idée de lui raconter toutes ses aventures. Ne peut s'empêcher de lui sauter littéralement dessus dès qu'elle le voit. Plus qu'une obsession, il devient une nécessité pour la gamine. On lui dit que c'est l'amour quand elle parle de ses sentiments inconnus. Elle se marre. Calla ? Amoureuse ? Jamais ! Alors que l'évidence saute aux yeux de tous. Elle s'obstine à croire que c'est le jeu. Les peaux s'effleurent, les lèvres se collent et ils demeurent. Eux, les sentiments. Elle doit le détruire plus que les autres. Lui. Le beau qui la rend faible. Ce n'est pas un, mais deux cœurs qu'elle brise. A l’unisson. Dépérit seule dans son coin. C'est mieux pour tout le monde. Pour lui. Elle ne le mérite pas le beau. Essaie de l'oublier dans les bras d'autres, en détruisant la vie d'autres faibles. Ça semble fonctionner. Un temps. Les souvenirs se font de plus en plus rare. L'envie d'être près de lui disparaît. Elle efface son odeur, son regard, ses murmures. Il ne devient qu'un parmi les autres Une partie peu glorieuse de son passé.
Pourtant quand ses yeux se posent sur le cadeau son estomac se tord. La douleur se ravive. L'organe qu'elle pensait absent se fait sentir de la pire des manières. C'est pour toi. Lui dit-elle avant de lui donner un coup de hanche complice. Calla feint un sourire joyeux alors qu'elle n'est faite que de chagrin et de colère. Il aime remuer le couteau dans la plaie. Lui faire payer sa destruction et il y arrive drôlement bien. Il lui rappelle son erreur. Il lui appris à avoir des remords. Lui ou elle. Son amie qui se joue d'eux pour réaliser de nouveau son idéal. La jeune femme ne le sait pas, pense que c'est le beau. Tu as un admirateur. Un destructeur. Un nouvel ennemi à abattre. Les heures passent et elle reste là. Debout dans la cuisine à observer le bouquet, attendant qu'il lui dise quoi faire. Quelques dahlias blancs. Des pivoines de différentes couleurs. Des arums et d'autres fleurs dont elle ne connaît pas les noms.  Il est magnifique. Le bouquet. Pas lui, pas le beau, bien que son surnom le laisse penser. Elle refuse de le trouver attrayant. Il est faible. Faible comme les autres et les faibles ne sont attirants. C'est le cadeau de trop. Calla le saisit laissant échapper une insulte. Elle n'en peut plus. N'arrive plus à continuer s'il lui envoie sans cesse de quoi se rappeler de lui. La gamine ne peut pas vivre dans les remords, dans les souvenirs parfaits d'une vie qui n'aurait pas du exister. L'impossibilité, il ne veut pas la comprendre. Torture. Le mot est trouvé alors que le métro se déplace d'une station à l'autre. Pitoyable avec son bouquet de fleur et son air ronchon. Ça empeste la déception amoureuse. Les regards remplis de pitiés se posent sur elle.
Calla piétine, murmure, l'insulte, s'insulte. Part pour mieux revenir. Les doigts se rapprochent du nom. Wagner Elle déteste tellement ce nom qu'un frisson lui traverse le corps en le lisant. Peut-être du désir, de l'excitation. Pire les sentiments qui refont surface. Elle est bête. Reste devant l'immeuble pendant de nombreuses minutes. Effrayée à l'idée de le découvrir avec une autre. Apeurée de le voir être passé à autre chose. Terrorisée en pensant à la possibilité qu'il la rejette. Elle s'échappe, c'est encore trop tôt. Quitte la rue déterminée à en finir, mais pas avec lui.
Ils sont tous de sortis. Les affamés, mais les fleurs semblent être un bouclier. C'est pas plus mal, elle n'est pas d'humeur. Monte les marches du métro deux à deux et se dirige vers la célèbre enseigne. Beaucoup de monde. Trop de monde. Trop d'émotions qui soulèvent son cœur dans une vague pleine de bons sentiments. Calla voit le petit corps se faufiler. S'éloignant d'elle et des autres passants. Elle se presse, évite les contacts. La main libre se tend et attrape le bras de la demoiselle. « C'est quoi ça ? »   Elle brandit le bouquet sous le nez de Petra telle une arme. Simule le dégoût. « Sérieusement Petra? »  Elle ne peut cacher bien longtemps la colère qui l'anime. Pour une femme qui en a rien à faire de ce mec, elle a une relation assez étrange. « C'est quoi le problème de ton frère ? »  Évite la vulgarité de peu. Elle ne peut pas s'en prendre au beau, alors elle déverse sa haine sur la sœur.



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MessageSujet: Re: Nostalgie amère.   Lun 19 Oct - 14:23


NOSTALGIE AMÈRE




Un jeu qui les amusent toujours mais qu'elle, elle ne comprend pas. Se faire volontairement du mal, blesser celui d'en face, planter le couteau dans une plaie déjà bien trop profonde pour qu'elle puisse pleinement cicatriser. De vaines provocations qui ne mènent qu'à la perte, ils se noient et semblent prendre un malin plaisir à sentir l'eau pénétrer dans leurs poumons. Petrouchka, innocemment et inconsciemment, elle plonge avec eux, voulant sauver le peu d'humanité qui leur reste. Un jour, ils se sont aimés et quand bien même la définition de ce mot lui reste quelque peu bancale avec une certaine part de mystère qu'elle n'a pas encore vraiment eu la chance de découvrir, elle est consciente du fait qu'un jour, il n'y a pas si longtemps selon elle, ils s'inquiétaient l'un pour l'autre. Ou était-ce, à l'époque, qu'une comédie jouée dont ils s'étaient imprégnés ? Peut-être ne s'étaient-ils alors jamais réellement aimé et l'un, l'autre, avaient joué avec des sentiments. A Petra, on ne lui a pas donné le luxe de goûter à ces émotions-là. Si elle peut effectivement ressentir les sensations des autres, de ceux qui l'entourent, s'en imprégner, goûter à la tristesse et à la colère d'individus qu'elle ne revoit jamais, il est plus difficile pour elle de faire une distinction de ce qu'il se passe dans son essence, si ce n'est la peur qui se mélange à un vide inhospitalier. Comme blasée, tout le temps. Mais qui essaie, inutilement, de se comporter comme si rien de tout ce qu'elle a pu être par le passé n'avait été ébranlé par un quelconque événement qui l'a néanmoins marqué plus que ce qu'elle ne l'aurait imaginé. En y repensant, tout était parti de travers dès lors qu'elle s'était retrouvée allongée dans un lit d'hôpital pour une durée de cinq mois. Les choses étaient déjà loin d'être étincelantes, mais elles ont semblé dégringolé. Encore et encore, comme ne voulant pas s'arrêter. Pas de frein dans la chute, seulement une finalité brutale. Elle sort enfin du bâtiment qui l'accueille chaque soir, ou c'est peut-être qu'une impression. Quatre murs où elle s'est retrouvée prisonnière il y a un an. Quatre murs qui l'abritent et qui lui permettent de gagner un peu (pour ne pas dire beaucoup) d'argent. Alors qu'il n'y fait rien de particulier. De temps à autres, elle monte sur les planches en hauteur, joue de ses jambes, le faciès crispé sous les projecteurs, traits nerveux et angoissés dissimulés sous les sourires qu'elle étire instinctivement. Elle regarde les hommes, les femmes qui l'observent, ne voit que des corps. Fait comme s'ils n'existaient pas, comme s'ils n'avaient pas d'âme, comme si aucune idée malsaine ne pouvait leur traverser l'esprit. Comme si, alors qu'au fond, elle sait que ce n'est qu'une illusion enjolivée par ses espérances.

Le bras tiré vers l'arrière, elle manque un battement, sursaute presque avant de porter sa paume de libre vers le visage de l'individu qui lui serre le poignet. Mais s'arrête, bien rapidement en voyant la familiarité des traits. Main qui s'abaisse, l'autre qui reste prisonnière de phalanges semblables aux siennes. Sans vie. Petra, elle serre le poing du poignet qui ne peut plus bouger. Ça fait mal, physiquement. Corps fragile qui flanche, pour rien. Corps fragile, épiderme qui laisse des traces violacées au moindre contact brutal. Elle sait que le tour de son poignet, il va finir aux couleurs bleutées. Le bouquet de fleur qui se faufile, elle en observe les pétales qu'elle ne connaît que trop bien. Les plantes choisies avec minutie. « D'après ce que je peux voir, c'est un bouquet... de fleurs. » qu'elle ose, murmurer entre deux grincements de dents. Le regard qu'elle lance vers l'autre. Elle ne lui dit pas, de vive voix, de la lâcher, mais l'informe avec ses iris. Elle voit une colère, elle s'en imprégnerait presque mais elle semble si factice. Ou inexpliquée. Pourquoi cette animosité, dans les mots qu'elle articule ? Les sourcils doucement froncés, creux dans le bas du front qui apparaît. Elle hausse les épaules, Petrouchka. Feint de ne pas savoir pourquoi elle se retrouve dans un tel état alors que ça devrait lui faire plaisir. Elle l'observe, de haut en bas. Il est minuit passé. Et elle a pris la peine de venir jusqu'ici. Jusqu'à Pigalle. Pour lui brandir un bouquet de perfections dont elle n'en a rien à faire, qu'elle se plaît à dire. Tant d'attention, pour quelque chose qui la rebute, la Pettersen. Tant d'efforts pour avoir des explications qu'elle connaît déjà. Tant de peine à se déplacer jusque-là alors qu'elle aurait pu tout bonnement les jeter dans la première benne à ordures croisée. « Il n'a aucun problème. » Vrai. Après tout, il n'est pas celui qui les a envoyé. S'il y a bien une chose, qu'elle ne supporte pas Petra, c'est l'attaque sur les frangins. Elle le sait, ce ne sont pas des perles rares, ni même des figures d'excellence ou d'idéal, mais elle ne tolère que difficilement les offensives à leur égard. « Je comprends pas. » Soupir qu'elle laisse échapper d'entre ces lippes. Peut-être que c'est peine perdue. De vouloir réunir deux âmes qui autrefois, ne faisaient qu'un. Ou prétendaient ne faire qu'un. « Pourquoi tu t'énerves ? » C'est demandé, intonation presque enfantine et innocente. « Tu devrais être contente. » Puis elle ose. Finalement. Chose qu'elle ne devrait peut-être pas prononcer. « T'as peur, d'aller le voir, lui ? Sinon, tu serais pas là. » Comme si c'était logique. De fil en aiguille. C'était souvent ainsi, entre les deux jeunes femmes dont la vie s'était arrêtée, un instant. Deux faucheuses qui, qui ont vécu une chose similaire et qui pourtant, restent si différentes.  

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MessageSujet: Re: Nostalgie amère.   Ven 23 Oct - 20:47

“The saddest thing about betrayal is that it never comes from your enemies..”

PETROUCHKA & CALLA





Deux âmes qui se perdent dans les sentiments. La peur de la fragilité pour celle qui se veut forte. Puissante. Indestructible. L'amour s'invite dans les veines tel un poison. Il est déjà trop tard quand elle comprend ce qui lui arrive. Calla pense c'est réversible. Le cœur n'est qu'un organe, il ne décide de rien. L'amour ça se décide, se contrôle et quand ça devient difficile. Incontrôlable. On doit détruire la source des problèmes. Ici, la source porte le nom de Wagner. La destruction a été bancale, trop précaire pour être parfaite. Les événements se sont enchaînés. Les imprévus se sont presser pour compliquer les plans parfaitement orchestrés de la garce. Maîtresse du jeu complètement dépassée. La gamine se donne des airs de femme, mais reste totalement effrayée par la réalité qu'elle a provoqué. La mauvaise cible, elle n'a pas vu le danger qu'il représentait. N'a pas senti la fin s'approcher. Calla ne peut pas tourner le page surtout que ses yeux se posent régulièrement sur Petrouchka. Elle ne peut faire abstraction de ce lien familial. De ce même sang et quelque fois la même odeur. Le parfum qui a encore du pouvoir sur la jeune femme, qui lui rappelle de beaux souvenirs. Mémoire atroce. Alors pendant le voyage vers l'appartement de l'homme Wagner, elle s’entraîne à respirer par la bouche. Elle ne veut pas perdre le contrôle à cause de cette petite chose.Les détails sont plus dangereux que les mots ou que les gestes. La jeune femme reste figée sur le trottoir. Bonne image pour une catin. Observe cette porte effrayante. Elle s'attend à le voir sortir d'une minute à l'autre. Revoir ce magnifique visage et sentir la plaie saigner. Calla a plus qu'envie de le revoir, de le prendre dans ses bras et partager toutes ses aventures des derniers mois, mais c'est impossible. Il lui en veut. Elle lui en veut. Elle s'en veut. Les orgueils trop présents même après autant de mois. Elle a créé cette situation et il a tout aggravé. Les mauvais choix, se présenter au mauvais moment alors qu'elle travaillait. Le client pour l'argent, pour jouer et pour s'assurer de ses choix. Prétendre que tout va bien, qu'elle peut vivre sans lui. Loin de lui. Elle lui en veut encore. La violence qui a suivi la découverte. Elle ne peut pardonner une telle chose, alors quand elle sent son cœur défaillir pour lui, elle repense à ce moment plus qu'aux autres.
Le bouquet est tenu comme un détritus. Du bout des doigts. Faussement dégoûtée par l'objet qui est magnifique en réalité. Elle attaque la facilité, la petite sœur à qui elle peut tenir tête sans céder. L'énervement se ressent dans sa main qui tient le poignet. Un peu trop fort pour la situation. Petra ose et ça énerve encore plus Calla qui resserre un peu plus son emprise pour lui faire payer cette phrase. Sourire sadique habille le visage de la jeune femme. «Tu me surprends Wagner ! Je te pensais pas aussi stupide. » Qui est-elle pour lui répondre ainsi ? Jouer sur les mots pour dévoiler l'évidence. « Je sais que c'est un bouquet, je suis pas aveugle ! » Elle sent la douleur qui émane de Petrouchka. Le poignet fragile qu'elle tient entre des doigts crochus. La sorcière en joue, défait légèrement sa prise avant de refermer violemment ses doigts. Elle se rappellera de cet affront. Calla veut laisser sa marque sur le corps de la jeune Wagner. Qu'il voit son œuvre et qu'il s'énerve. Qu'il pense à elle. Elle rapproche la prise de son corps pour que l'autre jeune femme s'avance. « Ne joue pas à ça Petra ! Surtout pas avec moi. » Elle plonge son regard dans celui de son amie. Les doigts s'ouvrent, un à un. Elle fait durer la situation. Apprécie le moment et lui fait voir puis lâche brutalement la peau. Aucun problème Elle prend sa défense. Une obligation fraternelle. Lien que Pettersen ne comprend pas. La fille unique ne peut pas s'imaginer ce lien puissant. Calla lève les yeux au ciel. Lui fait comprendre que cette réponse est complètement idiote. Il doit bien avoir un problème pour rester ainsi dans le passé. Pour la torturer avec son amour. « C'est ça le soucis, tu ne comprends jamais rien. » C'est injuste, elle se défoule sur l'innocente. La fausse innocente. La garce s'en rend compte et se calme. Le visage se détend, elle s'en voudrait presque, la créature sans cœur. La main qui tient le bouquet tombe le long du corps. Tu es ridicule ! La fatigue, l'absence, le manque, c'est trop pour elle. Calla a besoin d'exploser, d'être méchante, mais ce n'est pas le moment et pas la bonne personne. Petrouchka est gentille, attachante, ne mérite pas le côté sombre de son amie. Pourquoi elle s'énerve ? Peut-être car il remue ses sentiments, fait remonter ses erreurs à la surface. Il la rend faible, l'homme. Il fait d'elle une simple femme. Une ordinaire. « Pourquoi devrais-je être contente ? Dis le moi car je ne vois aucune raison ! » On peut presque entendre une pointe de tristesse. La faucheuse de force à garder cette étincelle dans les yeux. Simule la joie, la vie alors qu'elle n'est que chaos et tristesse. La vérité découverte. Le monstre se fige et les traits se durcissent. C'est si voyant que ça ?  Calla cherche quelque chose où raccrocher son regard pour ne pas lui laisser la possibilité d’apercevoir la souffrance provoquée par les mots. Oui elle a peur de lui. De le voir. De redevenir fragile. De le voir avec une autre. De le voir heureux sans elle. De le voir la haïr. Elle est effrayée par la possible réalité, par les conséquences de ses actes. «Tu as raison, Petra. Tu ne comprends vraiment pas. » Personne ne peut vraiment comprendre ce lien, même Calla s'y perd. Elle essaie de calmer son énervement, maltraite les tiges des fleurs et repose les yeux sur Wagner. « Ton frère doit comprendre que notre histoire est terminée. Je suis passée à autre chose et il doit faire de même car son comportement est pitoyable. » Les mots sont difficiles à prononcer. Trop de mensonges, mais elle se force à ne rien laisser paraître.



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Nostalgie amère.
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