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skyfall (mahaut)

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la nuit je mens, à Paris je me fonds


MessageSujet: skyfall (mahaut)    Mer 11 Nov - 20:24

Le succube verdâtre et le rose lutin, t'ont-ils versé la peur et l'amour de leurs urnes ?
Le cauchemar, d'un poing despotique et mutin,
T'a-t-il noyée au fond d'un fabuleux Minturnes ?
Baudelaire




Belle la ritournelle, fredonne sa cantique d’hiver sous le nocturne constellé, jouissent les oreilles attentives traînant dans les boyaux bétonnés de la ville à une heure où chante les loups et dorment les chaperons rouges. Soirée présumée douce jusqu’à l'échappée de la reine rouge. Indolent sourire lancé à diane, la muse loin de son abri, à traîner ses rondeurs là où ont retentissent à l’ordinaire le glas meurtrier. Sans son balai, la sorcière sillonne les trottoirs, cherche malheur ou réconfort dans l’air glacé. De ces desseins oscillants, un sinistre matou toujours flanqué dans ses pas. Petite silhouette immortalisée dans l’ombre funeste, les globes attentifs, toujours portés vers la vénus aux bras cassés. Qui sait dans quelle pagaille ses talons peuvent encore trébucher…

Des boulevards quittés sans hâte, des banlieues où trottent les pattes silencieuses derrière les bruyants escarpins. Elle qu’on entend de loin, qui attise la vermine, rompt leur ennui de sa gondolante existence. Si insouciante, fillette au sourire torturé, dont la noble soie cache les atrocités endurées. Et lui, colosse insoupçonné, gargouille tapis sous les traits d’une curieuse compagnie. A veiller sur elle depuis tant d’années, la gosse devenue femme, la chair fissurée aux actes manqués.

Tiens, regardez qui v’là !
Merde. Bien sûr, fallait que ça arrive... La merde, les problèmes en tout genre.  S’hérisse le pelage aux intrus, nouvelles carcasses dans la pâleur nocturne. Le museau frissonne, se dilate aux ignobles reniflés quelque part devant. Il entend Mahaut répliquer, glavioter ses quatre pensées aux galopins qu’elle a côtoyés par le passé. Foutue fierté ! Sa langue de vipère qu’il aurait volontiers coupée depuis longtemps.  Pas le temps de tergiverser, la reine destituée, chutant, couronne au sol. Les coups continuant de pleuvoir. Des pieds, des mains, des injures moqueuses. Ambroise lorgne la belle, laisse la rage gronder en son sein. Des coups qui cessent à l’instant. Au monstre libéré, délivré de ses chaînes. Le pelage se déchire, laisse la chair le supplanter. Gargouille éveillée. Et tous, figés et yeux ronds pointés sur lui. Tous à rejoindre sa belle, les os brisés, la gueule arrachée au monstre qui se déchaîne. Quand le dernier s’affaisse, la rue halète, de ses plaies, de ses maux. Ensanglanté, l’immortel ramasse délicatement la sorcière dans ses bras, le corps fragile serré contre lui, et laisse les inconscients aux vautours de nuit.

Marche funèbre jusqu’à l’adresse de Mahaut. Un appartement dont il connaît les entrées, la silhouette se faufile à l’intérieur avec son butin.  Pansements et soins en tout genre, la nuit s’achève vite pour la belle endormie. L’aube et ses premiers rayons, Ambroise s’en laisse submerger. Poster contre l’une des fenêtres après avoir veillé sur l’infortunée toute une nuit, l’antique affiche meilleure mine qu’à son arrivée. Décrotté du sang des pêcheurs, sa chemise noire dissimule les tâches dans la noirceur de ses fibres. Un gémissement ronronne dans son dos. L'homme plie l'échine, porte un regard vers le lit où un corps remue. L'instant de vérité.





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la nuit je mens, à Paris je me fonds

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MessageSujet: Re: skyfall (mahaut)    Ven 13 Nov - 14:45

drown with us
La nuit pour vertige, pour les monstres s’y logeant, là, derrière les rideaux. Elle ne sait pas tenir en place, au besoin d’affronter le monde, ces ombres grinçantes qui menacent à tout moment sa carcasse faiblarde. Mahaut se perd dans une armoire tenant pour bordel toutes les robes qu’elle ne porte plus. Des rouges criardes, des vertes rageuses, des bleues somptueuses. Elles sont belles les parures de princesse, de l’une avec laquelle elle danse et s’écorche sur le parquet. Râle de la sirène. Une jambe au loin, détaché le plastique, le mensonge qu’elle voile sous les tissus des pantalons. Moignon à l’air, dégueulasse impression d’un fantôme qu’elle sent toujours. « Fait chier ! » La politesse disparue de son langage, une vieille mémoire enfermée dans un coffre. Au-revoir la princesse et son éducation. Mahaut rampe et se raccroche à la jambe modelée. Rattachement de la perdue et revoilà l’humaine sur ses deux jambes. Vacillante un instant puis fière la seconde. Le corps se drape d’une longue, noire, ça se dissimule là-dessous. Reflet qui ricoche contre le miroir. Observer que rien ne dépasse, se remarque. Regard de biais vers la boule de poils, reflet. « Te moque pas l’animal, je le vois bien que tu te fous de ma gueule, t’as un sourire bizarre » Chat de rue posé royalement sur son lit. Bestiole au pelage sombre qui l’a suit depuis des années, vieille branche qu’elle n’a toujours pas eu le courage de jeter du haut du cinquième étage. Un Cheshire sournois, assurément. « Tu peux venir si tu veux » Le ton se radoucit. Passer d’une émotion à l’autre, ne connaître aucune limite.

Manteau à ses épaules maigres. Jolie, jolie s’en allant à un bal imaginaire. Qu’elle aimerait retrouver tout ça ! Le faste. Mais la voilà coulée au fond d’une vie. Petits pas qui s’entendent sur les pavés, claquement incertains jusqu’à la disparition de la peur. S’habituer à sortir. Les vêtements attirent les rats, la silhouettes les gueules affamées. Mahaut trace une route imaginaire, se fait Alice cherchant son chemin. Route barrées de deux colosses.  « On peut savoir c’que tu fais ici la jolie ? » Tête levée, des bleus qui cognent contre l’agitation de l’autre. « T’es borgne, idiot, tu as besoin d’un dictionnaire peut-être ? Je me promène, comme toi, comme tes clébards » Mauvaise pioche de langage. Ça gicle d’une claque. Pas de chute. Elle ne recule pas, ne s’enfuit pas. A quoi bon avec une patte folle ? « Si vous pouviez dire  à vos molosses de s’écarter… ça empeste la merde de votre côté » Dernière carte abattue. Langue fourchue. Corps voltigeant contre un mur. Cou emprisonné. « De l’argent peut-être ? Dommage… je suis sortie avec des clous, pour attirer les idiots » C’est de trop, le surplus des provocations pour ces animaux de rue. Rien à voler. Et peut-être que… les babines se pourlèchent, ils s’imaginent déjà la prendre, et n’en faire qu’un torchon abandonné, poupée désarticulée. Débats des corps, mouvements fous. Elle hurle et mord. Se tait. Sourire qui suinte la moquerie à la main effleurant le mensonge. « Ca vous intéresse toujours de violer une handicapée ? » La langue comme arme. Idiotie. Elle geint la brune, se débat et capitule d’un coup sonné contre sa caboche.

Abandon des facultés.
Poupée qui se laisse bercer par un autre.

Le corps sursaute des traitements. La peur s’inscrit sur les pores, cavalent les frissons d’un contact masculin. Les paupières s’acharnent à l’éveil mais rien ne se passe, le sommeil l’emporte. Quelques heures, au soleil qui vient cogner contre les vitres. Grognement féminin. Corps qui tente de se cacher sous une couverture absente. Un œil s’ouvre, le second suit. La vision est trouble. Quelques secondes pour s’adapter, comprendre que le droit est cassé pour quelques jours. Un bleu. Sursaut et terreur. La voilà qui court derrière le lit, chute, se relève et attrape la lampe de chevet. « Putain, t’es qui toi ? » Animal enragé sur le sol. La jambe fausse déposée plus loin, le corps couvert de bandage, ça hurle là-dedans, grognent les tissus de maltraitance. La peur gagne. La mémoire s’emmêle. Une rue. Des hommes. Est-ce qu’il ? Tête qu’elle secoue, se hisse sur le lit et revient au centre. L’œil valide toujours jeté vers l’homme. Silhouette non méconnue. Apparence dont elle se souvient. « Vous… Vous lui ressemblez au mec du Louvre. Un jumeau ? » A préférer qu’il soit un double et non pas le véritable, elle n’y comprendrait rien. Pourquoi le jeunot du Louvre serait ici ? Couette qu’elle attrape pour s’y draper. « J’vous promets que je n’ai pas volé le Degas qui se trouve dans les toilettes »
(c) AMIANTE


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