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dead inside but still horny (milo)

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la nuit je mens, à Paris je me fonds

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MessageSujet: dead inside but still horny (milo)   Dim 8 Nov - 14:48


il a allumé une cigarette il a fait des ronds avec la fumée il a mis les cendres dans le cendrier sans me parler sans me regarder et moi j'ai pris ma tête dans ma main et j'ai pleuré  (w/prévert - déjeuner du matin)

Il est heureux. Il se le répète. Une. Deux. Trois fois. Je suis heu-reux. C'est quelques syllabes qui s'accrochent à son sourire de brigand, celui qu'il arbore pour les grandes occasions, à l'instar de son habit du dimanche. Arthur, il est endimanché dans sa joie, elle colle à la peau comme du miel savoureux. Il en vomirait ; Il veut en vomir. Plus tard. Quand ses esprits reprendront le pas sur son euphorie.  La redescente va être difficile. Elle l'est toujours. Mais ce n'est pas grave, qu'il se dit. Parce qu'il n'y pense pas, parce qu'il est trois heures du matin et qu'il a la vie devant lui alors qu'hier il n'avait que la mort. Après tout, on n'est pas sérieux quand on a dix-sept ans. Et cette nuit, Arthur les a. Certes, c'est du vol à la tire, c'est un meurtre ignoble, un coup de couteau dans la cage thoracique d'un adolescent malchanceux. Mais personne n'en voudra à Arthur. Mieux encore, s'il se débrouille bien, lui non plus ne s'en voudra pas. C'est de la survie, qu'il se dira. La survie de son bonheur.  
Il martèle la porte au rythme de son cœur. Il recommence à battre. Sale palpitant d'adolescent.
Il est trois heures du matin, et Arthur a la nuit devant lui.
Et peut-être Milo pour lui ? Il se le promet, parce qu'il n'est pas tout à fait lui, cette fois-ci. Parce qu'un cœur de dix-sept ans est plus pur, plus digne, et qu'il fonctionnera, comme un baume (corrosif) qu'on applique sur une blessure à vif.
Mais Milo ne lui ouvre pas, et comme d'habitude Arthur, dix-sept ans, se retrouve sur le pallier. Seul. Jusqu'à ce que les aboiements se fassent entendre, cor de chasse retentissant dans tout l'immeuble. Le blond se met à pouffer de rire, comme le garçon ivre qu'il est.  Un instant il espère qu'Oz réveille les voisins du haut du bas, du revers et des travers. Et puis le verrou saute, la porte s'ouvre, réveillant le monstre ; les deux monstres, et il n'espère plus qu'entrer dans la cage, et y rester prisonnier.
"Tu deviens sourd avec les années, mon pauvre !" qu'il lance, juste pour rire ; ce qui fonctionne très bien puisqu'il rigole comme un vieux chien - il est le seul, mais ça n'a pas d'importance. Milo est beau quand il fait la gueule. Quand il est endormi. Quand il a l'air d'un être humain. Milo est beau tout le temps. Ça lui donne envie de lui cracher dessus. De lui voler tout ce qu'il possède, alors qu'il voudrait simplement le posséder lui. De partir en courant pour qu'il le suive, changer les règles pour une fois.
Mais il ne peut pas - jamais. C'est la philosophie du chaos. La sienne.
Alors il continue - toujours. Comme un robot avec du cœur.
"Tu m'as manqué tu sais ?!" Il se mouve dans la pièce, il court vers lui mais ne s'arrête pas. Une pute sur le retour, voilà ce qu'il est. Ça ne le dérange pas. Il adore ça, dans ces moments-là. "Vraiment vraiment !" qu'il murmure dans son oreille, avant d'essayer de l'embrasser. Toucher ses lèvres, toucher son corps, un peu de son âme. Laisser courir ses mains, gagner du terrain avant les ordres irrévocables. Une sorte de troisième guerre mondiale, l'enfer sur terre, réservé aux personnes dans son genre.
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la nuit je mens, à Paris je me fonds

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MessageSujet: Re: dead inside but still horny (milo)   Mar 10 Nov - 21:42



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Trois heures du matin.
Il sort l'épée en argent, s'élance dans le tas de goules et n'en fait plus qu'une immonde bouillie dans cette forêt sentant le danger à des kilomètres à la ronde. Sourcils froncés, la tête d'une tombe, puis l'autre se fait couper en deux. Quant à la dernière, son bras se décroche, dévoilant une effusion rouge sur cette herbe pourtant dévorée par son cheval plus loin. Il ramasse le magot, passe ses mains dans les os pour y trouver des yeux de quoi faire une quelconque potion. Il renifle avec nonchalance, les coudes glissés sur ses genoux, cigarette au bec qui se consume aussi vite que le temps qui s'écoule. Il a seulement commencé il y a quatre heures. Pour peu il s'en exploserait les yeux. Peu importe. Ce n'est pas tous les jours ainsi. C'est seulement l'insomnie. A côté de lui, Oz confortablement installé sur le fauteuil baille à vive gueule en ne trouvant plus aucun intérêt aux bruits qui découlent de la télévision. Le sorceleur n'est pas qu'un jeu minable, puisqu'il représente une aventure épique à laquelle il ne peut participer que grâce à la manette. Puis il s'arrête, met sur pause pour alléger le bâton de cancer dans son cendrier. Entre ses doigts la petite étincelle peine à se rallumer alors que ses paupières tombent mollement sur ses globes. Combes s'endort déjà du peu, cinq minutes, peut-être dix tout au plus. Bête maladie de la nuit, il en est seulement d'une petite drogue qu'est celle d'un univers fictif. C'est dangereux. Il pourrait y foutre le feu, mettre en danger l'existence entière de ses voisins qui râlent de musique trop forte le jour - alors qu'aucune âme autre que son animal n'est présente en ces lieux. Ils croient trop, cherchent la petite bête pour le jeter en dehors de ce vieux bâtiment. Peu importe. Ils crameront tous, sauf lui et son manque de perception du danger tel qu'il se le représente. Memento mori pauvre con. Sauf moi, bien sûr. Bouche à moitié ouverte, sa respiration transperce les moteurs de la nuit. A Paris et sa mélodie du bonheur.

Jusqu'à la sonnerie. Jusqu'à ce qu'un torché vienne frapper contre son antre. Derechef le chien réagit en aboyant, ce qui bien évidemment le sort de sa torpeur. Il rêvait un tant soit peu d'une autre époque, révolue, d'un mélange de lieux et de rencontres improbables. « 'chier. » Qu'il marmonne dans sa barbe tout en se frottant avec vigueur le visage. Il tapote un peu ses joues, se sent irrémédiablement agressé par la lumière de l'écran qui dégage une blancheur insupportable. Alors qu'Oz vient gratter contre le bois, prêt à sauter au cou de l'agresseur, une fois la porte ouverte elle n'affiche que son éternel Roméo. La bouche en fleur, l'air guilleret il ne lui laisse pas le temps d'en placer une que le voilà présent dans son espace de vie. Celui-ci sur lequel il ne faut pas allègrement empiéter. Il le traite de sourd, ou du moins lui fait comprendre que son manque de tension le perdra. Du peu qu'il en comprend et que les mots veulent bien passer dans ses oreilles sourdes, il n'en tire qu'un soupir désabusé. Toujours la même rengaine avec Arthur. Depuis les années vingt. Depuis cette période baignée dans l'évolution avec ses bérets, ses armes automatiques et sa pègre. Euphorique, l'enfant-poisson s'enroule autour de lui, balance des bêtises aussi grandes que ses convictions excitées. Il essaie l'impossible. Un contact, un baiser qui se frôle à peine du bout des lèvres et que Milo réfute. Il ne veut pas. Il ne peut pas. Ce serait signer l'arrêt de tout ça, arrêter cette banalité amusante qui est de lui courir après et de remettre debout le môme braillant au sol - parce que c'est ce jouet précisément qu'il veut. « Pour peu j'te d'mand'rais de m'filer c'que t'as fumé. » Haussement de sourcils, il rompt définitivement l'accolade pittoresque, referme derrière lui ce téléphone ouvert vers le couloir qui sait attirer les plus curieux. Baillant avec nonchalance, il se gratte la nuque avant de reprendre, tout en prenant soin de le regarder de haut en bas. Verlac le brisé, Verlac le noyé, Verlac ce dépossédé. « Puis t'sais Arthur, les gens dorment la nuit. J'sais que toi tu t'fais pilonner, mais un peu d'bon sens, hm ? » Cassure, il sait seulement parler de cette manière, lui communiquer son ressentiment de cette façon. Pour mieux le garder contre sa carcasse rachitique. Il doit le vouloir. Ou peut-être pas. Seulement l'accrocher au bord de ses lèvres sèches dans ce huis clos.
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MessageSujet: Re: dead inside but still horny (milo)   Mer 11 Nov - 20:35


il a allumé une cigarette il a fait des ronds avec la fumée il a mis les cendres dans le cendrier sans me parler sans me regarder et moi j'ai pris ma tête dans ma main et j'ai pleuré  (w/prévert - déjeuner du matin)

Il est ivre. Heureux d'être ivre. C'est la vie qui passe et repasse- trépasse à travers ses lèvres abîmées, sulfureuses, dégueulasses. C'est la mort qu'il donne, et les années qu'il vole en riant, parce que c'est amusant. Sur le coup. Ça l'est de moins en moins. Jusqu'à ne plus l'être du tout. Au bout de trente ans, ça ne devrait pas l'être, mais Arthur a cette capacité d'éterniser les choses. Alors il ne s'en prive pas, il veut continuer à être idiot et ivre. Insouciant et bien vivant. Il ignore si Milo l'aide dans cette douloureuse besogne, lorsqu'il lui parle, et lorsqu'il ne le fait pas, mais il s'accroche coûte que coûte parce qu'il n'est sûr que d'une chose : Qu'il réussira bien, à le rendre ivre aussi. Un jour ou l'autre.
Mais bien sûr, qu'il ne l'aide pas. Milo est comme lui. Milo est égoïste. Milo veut les choses sans les donner en retour. Pourtant, quand Arthur ose défier son regard, il y a un gouffre entre eux. Une fosse commune, avec leurs propres corps dedans. Parfois, il aimerait réussir à se poser un instant, se laisser glisser contre le mur pour réfléchir. Il aimerait pouvoir voir tout ça. Cette dépendance qui ressemble à tant d'autres déjà vécues. Ce cimetière ambulant qu'ils sont tous les deux. Ces corps morts. La gargouille et la sirène, bouffés par les vers, les os donnés en pâture aux chiens des rues. Mais il n'y arrive pas. Bien entendu, qu'il n'y arrive pas - et qu'il n'y arrivera jamais.
Parce que peut-être qu'ils sont diamétralement opposés, finalement. Peut-être que contrairement à Milo, il possède encore l'espoir que les choses changent - n'importe lesquelles, pourvu que ça change. Et en bien, pour une fois, car c'est ce qu'est l'espoir après tout. Le fait d'être encore un adolescent,
même à cent-vingt ans.
Un instant il se demande quand est-ce que les larmes vont arriver. Il peut les sentir s'il se concentre, chaque minute qui passe - un peu plus quand Milo est là. Elles restent coincées dans sa gorge, et cela depuis qu'il a voulu les noyer en sautant du haut du pont. Un jour elles seront bien là, et ce jour-là,  Arthur n'aura plus qu'à sauter une nouvelle fois. Une dernière fois. Il se demande aussi s'il verra le jour se lever, en se rendant compte que sa vision est soudainement floue, cachée par les perles de l'enfer.
Le pire serait d'être repoussé. Le pire est déjà passé. Il arrive encore, dissimulé sous les mots assassins.
Il ne veut pas les entendre, Arthur. Il se bouche les oreilles très fort en repartant à l'assaut,  il se trouve des excuses. Il est encore heureux. Un peu. Il se doit d'en profiter : Il s'accroche aux épaules-rochers et s'il possédait des griffes il lui lacérerait sans hésiter la peau, pour qu'ils soient sur un pied d'égalité, au moins une fois. Il a ce regard qu'on les personnes désespérées - il le garde bien encré au sol, et puis aussi et surtout ce sourire libidineux, qu'il arbore par fierté. Tu sais ce que je fais la nuit, tu sais tout ça, seulement ça, alors très bien, je te le donne. Prends-tout. C'est ce qu'il lui dit, avec la peau du moins, même si cette dernière se sent agressée, trop utilisée à des fins médiocres, et cela depuis bien trop d'années. Tu reprendras bien un peu de mon corps. Les belles parties. Les parties douloureuses. A sang. Lesquelles ? Choisis.
C'est toujours Milo qui fait le choix. Jamais lui. Et comme une rengaine il gagne puisqu'il décide pour tous les deux. C'est être esclave que d'être ici, dans ce putain d'appartement froid. Mais s'il n'a jamais décidé, Arthur n'a jamais dit qu'il n'aimait pas.
"hmhm. Le bon sens, t'en es dépourvu." qu'il grimace. La frénésie retombe, peu à peu, remplacée par l'envie de se pendre. Ses doigts courent encore, animés d'une vie propre. Il y a des choses que Milo ne peut empêcher. Le sarcasme en fait partie. Ils se stoppent sur l'entre-jambe du plus âgé, hargneux plus que désireux - ou peut-être pas finalement. "D'ailleurs tu es dépourvu de beaucoup d'autres choses encore, mon pauvre."  Son sourire en papier mâché est toujours là : le même que d'habitude. Sa meilleure arme - la seule. Il se détache enfin, sans un regard. Il voudrait se tromper, pourtant. Il voudrait se retourner et le voir le regarder - une œillade secrète. Pouvoir un instant le surprendre dans l'une de ces contemplations qu'ont ces humains qui ne sont pas ce qu'ils veulent bien laisser transparaître. Ce serait tellement bon. Mais puisqu'il n'y croit pas un seul instant, il préfère se laisser tomber sur le canapé, un saut de l'ange qui se finit dans les coussins moelleux qui eux, peuvent lui promettre satisfaction. Il se met à grogner comme un animal exotique, un hurlement étouffé par l'oreiller, et par sa gorge qui refuse de le laisser s'enfuir. Arthur n'est plus un adolescent.
Arthur ne l'a jamais été.
Il est juste un enfant fatigué.
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la nuit je mens, à Paris je me fonds

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MessageSujet: Re: dead inside but still horny (milo)   Lun 16 Nov - 10:27



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Arthur et ses années folles qui ne s'arrêtent jamais. Arthur et ses clopes qui crament autant que les amants qui circulent dans le fond de son lit. Dès le départ, il le savait. Dès le départ, Combes se doutait que quelque chose clochait chez la tête blonde qui lui tournait autour et se retrouvait dans ce bar perdu au coeur de Paris. Il le croisait, parfois, avec ses bretelles et ses manches remontées, le sourire charmeur à souhait jusqu'à ce que ses joues craquellent, synonyme de son hypocrisie. C'était les années vingt et leur débauche, la petite à la Française qui finalement n'a pas été aussi grave qu'ailleurs. Pourtant elle était ce qu'elle était, et Milo qui s'appelait jadis Nicolas faisait partie de cette cachotterie à grande échelle. Tout était bon pour faire passer des bêtises, gérer un marché qui parfois inquiétait les milices. Sans rien de bien grand. C'était une petite folie qui ne rendait pas sa victime incapable du moindre mouvement. Et c'était de cette manière qu'il était tombé sur lui. Un verre à la main, recalant son invitation aussi sec en le dévisageant d'un coin de l'oeil. Il n'avait jamais changé, ni évolué. Verlac était resté fidèle à son âme étiolée. Un être sans lumière, un personnage aux paupières closes et bandées en même temps. Encore actuellement, il lui prouve ce manque de maturité, de reconnaissance en cette existence aussi abjecte soit-elle. Dévoreur d'esprits de jeunes garçons. Il n'a pas de bon sens dit-il avec une mine malicieuse d'un démon qui rêve. L'hôpital se moque de la charité, le riche du pauvre et vice-versa. Il n'en tire qu'un léger mépris à ce qu'il entend chaque fois qu'il passe un morceau de son corps dans sa limite personnelle. Toujours la même rengaine, ce délire édulcoré qui finira bien par les ennuyer. Ou peut-être pas. Peut-être qu'ils ont simplement besoin de ce prétexte pour se voir, discuter sans aborder les sujets qui fâchent - bien que l'aîné prenne un plaisir peu dissimulé à le faire. Tout s'annonce d'une banalité à crever. Jusqu'à ce que les mains serpentines de la sirène glissent entre ses jambes, s'agrippent à ce qu'elles veulent, et comme simple réaction la gargouille croise ses bras sur son torse, impassible. Profonde inspiration pour ne pas se laisser avoir par une si ridicule manipulation, ses sourcils se froncent bien plus. Il n'a rien entre les jambes selon lui. Et il croit lui faire mal, en plus ? En des centaine d'années et centaine d'années, plus rien ne pique, même l'éventuelle certitude de ne pas pouvoir s'envoyer en l'air. Quel plaisir, que de sensations accordées à d'autres peaux qui s'embrasent entre elles. Il ne sera pas témoin de ce spectacle. Il n'en fera pas parti.

Qu'il cause, ce n'est que du vent. Qu'il gueule, ce ne sera qu'une petite tempête qu'il ignorera en dormant. Roulant des iris, une fois dégagé de sa ligne de vision, il claque la porte définitivement. Il passera la nuit ici peut-être, sur le canapé ou sur le tapis, accompagné de son unique solitude. Et ce sera tant pis. Il s'écroule sur le meuble avec nonchalance, s'accroche à ce rocher de tissu pour prouver d'une certaine manière une loyauté à toute cette mascarade. Milo pousse un profond soupir, se baisse un peu pour adresser une caresse à son chien qui se conforte dans cette main qui s'occupe plus de lui que de n'importe qui d'autre. Il repart aussi sec, s'allonge sur le sol les pattes croisées et y cale son museau. Si même lui sait ce qui va se dérouler sans sortir les crocs, c'est que le stade du train-train est dépassé depuis un temps considérable. Ce n'est pas effrayant, seulement surprenant. « Mon pauvre ? C'bien con tout ça, j'comptais t'prendre ici, ce soir, contre le mur. Mais si j'ai rien sous l'pantalon, ça vaut pas la peine. » Sarcasme cinglant, rien ne vaudra la beauté d'une ironie bien placé doublé d'un foutage de gueule titanesque. Il file l'espace de quelques secondes vers le porte-manteau, il fouille dans une poche puis en sort son paquet de cigarettes. Il l'ouvre. Il en reste qu'une seule, la pauvre orpheline qui finira comme les autres de sa famille. Il y réside une certaine poésie finalement, elles se rejoignent toutes dans cette finalité infinie, grandeur de ciel. Attrapant par la même occasion son briquet, il l'allume, la fourre dans son bec puis range tout son bordel. Un temps d'hésitation, puis il vient se glisser derrière le canapé, il s'y accoude tout en soufflant la fumée grisâtre. « Tu connais d'jà les règles, mais on va les rappeler dans l'doute. Pour l'peu d'fois où t'es resté ici ; si t'entre dans ma chambre, j'te colle un coup d'pied au cul et tu dégages. Capice ? » Ses traits maigrichons rayonnent comme une pièce en plein soleil. Les crises de l'enfant vieillot ne sont pas à prendre à la légère, et Dieu seul sait qu'il redoute amèrement qu'il réalise son voeux en douce. Inconsciemment il se met à détailler la cambrure de son dos, la finesse de ses jambes au même titre qu'un de ses bras qui tombe dans le vide. Quant à sa trogne, elle reste bien cachée dans un coussin. Tant mieux, elle lui file la nausée d'avoir tout d'un angelot. « Il s'app'lait comment ? » C'était qui ? C'était quoi ? C'était comment ? C'était tout ? A l'honneur de celui qui ne reverra plus la lumière du petit matin. A son déshonneur qui le fait gémir et pleurer.
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MessageSujet: Re: dead inside but still horny (milo)   Sam 21 Nov - 19:22


il a allumé une cigarette il a fait des ronds avec la fumée il a mis les cendres dans le cendrier sans me parler sans me regarder et moi j'ai pris ma tête dans ma main et j'ai pleuré  (w/prévert - déjeuner du matin)

Dépossédé de son énergie. De sa joie de vivre. De cet état d'extase, comme après une piqûre d'héro, une petite dose pour rester en vie.  Voilà à quoi il ressemble, Arthur. Un putain de junkie, qui brasse de l'air pour rien lorsqu'il n'est pas avachi au pied du mur, prêt à se faire arrêter pour ses crimes contre l'humanité. Ça lui donne envie de gerber. Ou de se casser loin. De mourir une seconde fois, juste pour être certain. Ou peut-être les trois à la fois. Il soupire de dépit dans les coussins nuageux, manque un instant d'air pour finalement se rendre compte que ça ne lui fait rien. Pourtant la douleur est bien, à l'intérieur. Ca le gratte sous la peau, il aimerait l'arracher de ses entrailles, lui tordre le cou de ses mains blanches pourtant si souillées. Et au milieu de toute cette boucherie de l'âme, Milo. Froid comme les pierres qu'Arthur pense commencer à bouffer pour éviter de se nourrir de jeunes innocents. Qu'on lui casse les dents, bordel, qu'on lui casse la tête, qu'on le stoppe dans ce processus de l'enfer. Qu'on fasse ça pour les enfants au moins, si on ne le fait pas pour lui. Personne n'a jamais essayé de l'arrêter, pourtant. Comme si les regards aimaient voir le monstre prendre forme sous ses airs d'ange déchu. Qui est le sale pervers dans l'histoire, alors ? Même Milo n'a jamais rien fait. Milo n'a jamais agit pour d'autres personnes que lui-même. Il s'est protégé de la bête, oui, mais les autres sont exposés, chaque jour qui passe. Certes, il vient recoller les morceaux comme il peut. Ce n'est pas grand chose - c'est parfois trop, à l'inverse. Ça donne des idées à Arthur, parce qu'Arthur se nourrit des mouvements des autres, comme en justification de ses propres agissements. Le garçon a eu l'air d'aimé. Il se le répète encore, à mesure que les secondes passent. Ca ne fonctionne plus. Il a aimé. Avant de crever salement. De devenir vide. Vide dans les yeux, vide sur les lèvres, vide de toute cette vie qu'Arthur a un peu trop adoré.  
Il ne répond même pas aux paroles vicieuses de son protecteur-du-dimanche, son bourreau de la décennie. A la place, les mantras qu'il se répète en boucle. Il a envie de pleurer. Il a envie de pleurer tellement fort que ça lui fout la trouille.
C'est peut-être pour cela que les sirènes ne vivent pas l'éternité, finalement. A cause de ce semblant d'humanité qui les habite encore et qui les torture jusqu'à l'implosion totale. La scène finale.
La seule chose qui l'apaise un peu est que Milo semble accepter qu'il reste pour la nuit. Une nuit déjà bien avancée. Il est quatre heures du matin et il ne dit toujours rien. Comme s'il attendait quelque chose, sans savoir quoi. Une morale. Une autre pique meurtrière. Une réaction de sa part. Mais à la place, une question. C'est pire. Pire que tout. Il s'appelait comment ?
Arthur a encore plus envie de pleurer quand il se rend compte qu'il n'en a pas la moindre idée.

Le silence se prolonge. Il ne veut pas répondre, surtout pas. Pourtant il ne sait pas comment détourner tout ça,  alors qu'il a détourné tant de choses dans sa vie. C'en est risible, presque comique au point où il en est. Son mal aise est renforcé par les yeux de la créature, l'autre, qui le détaille sans se priver. Il peut sentir son regard sur lui, comme il a pu le désirer quelques minutes plus tôt, quelques années même. Pourtant il ne le réchauffe pas. Il se dégoûte juste lui-même.  A la place il se retourne un peu, et tombe nez à nez avec la télévision du propriétaire, petit bijou de cette technologie avec laquelle ils ont tous du apprendre à vivre. Continuer, du moins. Arthur observe, un peu indécis en voyant la tête d'un viking stoppé net dans son élan. Ou juste un gros bras, ça n'a pas d'importance. Ou peut-être que si, finalement.
Il est laid. Il l'intrigue.
Alors Arthur renifle, une, deux, trois fois, et se redresse sur le canapé, replis ses jambes sous son corps disloqué et dans un mutisme agaçant, choppe la manette comme si c'était la chose qu'il avait attendu toute sa misérable vie.
Lorsqu'il appuie sur le bouton play, cette dernière se stoppe, l'espace d'un instant, et la nouvelle commence.
Ses larmes continuent tout de même à couler.
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