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They say this soul hunting will cost me my sanity - Rubens

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la nuit je mens, à Paris je me fonds

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DATE D'INSCRIPTION : 10/10/2015

MessageSujet: They say this soul hunting will cost me my sanity - Rubens   Mer 28 Oct - 21:58

i say i'd go insane if i stop
Le sombre s'amasse au crépuscule, avec douceur les lumières s'allument, ne laissant plus de place aux peurs ancrées au plus profond des hommes. Il n'existe plus un seul endroit ici où il est possible de simplement observer les étoiles, les yeux rivés sur le ciel, pour un peu de poésie. Mais la poésie, ça ne lui parle pas vraiment à Camille, loin d'être un artiste mélodramatique, ses doigts s'enroulant autour d'une clope plutôt qu'autour d'une plume. Qu'est-ce qu'il fout-là, par ailleurs ? Les Champs-Élysées, aux petites heures creuses de la nuit, au milieu des mecs dégueulant par tous les pores, c'est loin d'être commun quand on n'a rien à faire là-bas. Maxime accrochée à son bras, les Doc teintées de sang. Elle joue un jeu bien plus risqué que le sien à se lover contre des vampires, à offrir son sang pour obtenir des noms, à parfois offrir de l'amour contre rien en retour. Les crevures ont cette petite chose explosée dans le cerveau qui leur retire tout sens commun. L'air empeste l'alcool et les touristes, deux odeurs qu'il pourrait ne plus supporter s'il y prêtait un peu attention, mais aujourd'hui il frôle la liberté du bout des doigts. Le chasseur ne vit que la nuit, où les corps à dépecer se tordent lascivement sous la lune, le jour est réservé à sa fille, à ses commandes les plus étranges.

Le cœur dérape, les mots râpent, sa langue se colle à son palais quand il aperçoit l'univers se fendre. Une pression du bout des doigts sur l'épaule de Maxime qui enfin s'arrête, un pli barrant son front, elle ne comprend pas. Ils ne comprennent jamais. « Cam ? » Pas un mot, gorge coincée. Le palpitant qui éclate, comme s'il avait vu un nouveau monde devant lui. Le monstre de ses nuits, son enfance incarnée, il est là-bas. Le monde réel, celui où « Pars sans moi. » Syllabes difficilement prononcées, l'a-t-elle comprit ? Mais rien ne l'intéresse, et ses pas emboîtent le chemin prit par Rubens. Les lumières se désagrègent à sa vue, tout se teinte d'un flou d'artiste, comme destiné à rendre cet instant plus beau, plus glauque, plus sordide. Le premier monstre, celui qui se tenait dans sa chambre à l'aube de ses petits jours, celui qui a renoncé à le dévorer. Pourquoi ? Il veut le savoir, ça, pourquoi ? Il n'aurait été qu'un enfant dévoré de plus, un cadavre à jeter au feu pour faire disparaître toutes les traces.

«  Où êtes-vous ? » un murmure fracassant le mur, qu'à-t-il à parler ainsi dans le vide ? D'un geste las il rabat sa capuche, se fondre dans la masse, se la jouer à Fantomas. Il n'aime pas qu'on s'aperçoive de sa présence, cheveux trop blond, yeux trop brillants. Loup dans la bergerie, il glisse contre les murs à la recherche de sa proie, sans armes ni hargne. Silencieux, l'homme dangereux accroche son regard à tout ce qui bouge, à la recherche d'une unique silhouette. Le vampire, le monstre. Les pavés salis défilent sous ses yeux, il se remémore l'enfance apeurée. Ce que c'était, de se réveiller au beau milieu de la nuit pour tenter de percer l'obscurité et de ne rien pouvoir discerner.  Cette nuit où, farouche, il s'était tenu face au monstre, un air de faux rebelle inscrit dans les pupilles. Ces insomnies passées à discuter seul en face du lit, sans savoir si le monstre était là, et ces heures diurnes où il passait pour fou. Puis l'Anglais est arrivé, avec son bon sens pour lui faire voir la vérité, et Camille a cru à cette réalité. Pas de monstres, rien qu'une imagination trop vive d'enfant trop difficile. Mais maintenant, il sait. Tout est vrai, et cet homme qu'il vient d'apercevoir lui brûle la rétine, un souvenir encore trop vivant pour ne pas être réel. Est-ce qu'il fonctionne comme la Fée Clochette ? Dépérit-il si on ne croit plus en lui ? Et si c'était vrai, Camille serait la cause. L'adolescence l'a éloigné de son lit, de ses monologues nocturnes, l'amour lui a vrillé le crâne jusqu'à lui faire oublier. Et si la créature lui en voulait ? Le méprisait d'avoir ainsi oublié la vérité ? Et si désormais son seul but était d'achever ce travail non terminé ? Les doigts se glissent sous la veste pour s'enserrer contre une lame bien trop affûtée. Menace inutile qui le rassure, mais avant ça ses doigts se figent le long de la lame, une fois, deux fois, un mince filet de sang la recouvre avant qu'il ne soit satisfait. Tout se fait en plusieurs fois. Doigts blessés contre les lèvres, le goût du sang lui arrache un sourire, et le chasseur se prépare. Se concentre. Les lumières de la ville s'éclipse, plus rien n'importe que sa chasse. Pour une fois, il ne tuera pas. Des rues délabrées, abandonnées, donnant sur des lieux qu'il n'a que trop visité, ceux où pour quelques sous vous pourriez vous prendre pour Gringoire venu visiter le Val d'Amour pour satisfaire son Art. Lame coincée contre sa cuisse, main détendue, il fuit dans les rues éloignées. « Montrez-vous. » Il le sent, il le devine, quelque part là dans l'ombre.
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MessageSujet: Re: They say this soul hunting will cost me my sanity - Rubens   Mar 3 Nov - 15:12

we construct fairytales
Les Champs accueillent et crachent une foule terrifiante. Il les sent, ça distille des odeurs différentes, des mélanges, des mensonges surtout. Fragrances sympathiques qui lui rappellent d’autres connaissances. Et vient la seconde reconnaissance, ces cœurs qui battent des symphonies dissonantes. De quelques uns qui s’affolent, la peur aux tripes, et d’autres plus légers, presque imperceptibles. Des nuances par centaines qu’il peut découper, recoller, mélanger pour former un accord parfait. Des palpitants qu’il se voit dévorer, arracher la cage, briser les côtes une à une pour chercher la source, ce battant dans lequel planter les canines. L’image fait frémir, assez pour qu’il commence à chercher une proie, quelqu’un pour ce soir. Changement de programme pour lui qui répugne à y enfoncer ses dents, à côtoyer la chair des mortels. Eux qui sont pourris pas tant de choses et pourtant pas si différents d’avant. A chacun son poison ! Rubens devient ombre derrière leurs pas pressés, silhouette superbe qui cotoie ceux pensant être les rois. Il ne voit pas, plus depuis des semaines. La soif qui rogne lentement à ses veines. Un besoin. Ça palpite d’un dernier souffle. Les mouvements sont plus lents qu’il ne le voudrait. La cause du manque. Il devient comme eux, créature soumise à quelques contraintes scientifiques, poids et masse, connaissances éparpillées qu’il laisse pour d’autres. Un fait seulement. Rapidité de mouvement dysfonctionnelle.

Fracas de plusieurs vies, de quelques unes qu’il a connu, souvent des enfants devenus adultes et soudain c’est la rencontre du passé, d’un sursaut à sa mémoire alors que sa main effleure un poignet, le geste d’une folie et le voilà à capturer l’odeur d’un enfant abandonné.  C’est le besoin de s’accrocher à ces gens, à ces inconnus, de ne faire que passer, toucher. Parfois, il croit se souvenir et ce soir, il est certain. Ce n’est pas le passé lointain. Ce n’est pas l’ersatz d’une personne connue des siècles plus tôt. Pas de réminiscence. C’est lui. L’un des enfants perdus qu’il a observé, l’un de ceux qui l’a oublié avec le temps. quelques autres sont passés sous ses canines, les plus effrayés, les sans imagination, ceux qui ne voulaient pas engager une conversation. C’est que Rubens leur a toujours demandé, quelques mots, et surtout leur monde, cette faculté à croire sans détour, à ne pas se soucier de la possibilité. Les adultes ennuyeux. Mais tout a changé maintenant. Créatures révélées. Public et fanatiques. Ce n’est plus de l’ordre de la croyance, des faits, des constats. Preuves. Rubens s’éloigne, la caboche habitée de souvenirs, percées de milles fantaisies à l’évocation d’un garçon retrouvé. Il se faufile au travers des passants, plus rapide, de peu, juste une ombre qui se sait traquée. Détour par une ruelle. Quartier des incertitudes. Le danger rôde. Prisonnier à son propre jeu. Parois qu’il tâte du bout des doigts. C’est terminé. Emprunt d’un chemin inconnu. Des pas étrangers. Mais l’odeur est là, plus prenante. Lui. Les mots amusent, de ces questions inutiles. Qui êtes-vous. Pourquoi êtes-vous là. Que voulez-vous. Aucune originalité. « Tu m’as oublié Camille, tu m’as volontairement effacé et pour quoi ? » Il se dirige aux battements de cœur, à l’odeur qu’il reconnait être distillée par une autre. Ce sang qu’il voudrait, cet appât qui pourrait le conduire sous une lame qu’il ne devine pas.  « Tes parents ont réussi à te convaincre, c’est toujours comme ça avec les enfants. Ils écoutent les adultes et m’oublient. Toi aussi tu m’as abandonné » Pointe d’une tristesse qui n’a pas sa place. Des années à les voir s’éloigner de lui. Ces futures proies. Il avance dans le dos de Camille, les doigts glacés qui effleurent la nuque et disparaît aussitôt. Il se sait dans l’ombre, aucune source de chaleur, ou grésillement. « Sors la lame. Elle empeste le sang des autres » Tintement métallique reconnu. Le visage grimace de la trahison.
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MessageSujet: Re: They say this soul hunting will cost me my sanity - Rubens   Lun 30 Nov - 17:30

i say i'd go insane if i stop
Tant d'années écoulées à essayer d'oublier, puis des mois accumulés à chasser ces monstruosités pour le trouver lui. Tout ça pour cet instant précis, l'un face à l'autre. L'un qui espère la mort comme une délivrance, et l'autre qui la côtoie depuis des siècles. Peut-être qu'il ne l'a recherché que pour ça, Camille, pour que le monstre lui offre la mort tant convoitée d'un homme qui n'a jamais su comment se foutre dans sa vie. Et voilà qu'ils se retrouvent sans que l'un ne soit caché sous un lit. Il n'entend que sa voix, se doutant que même s'il se retournait il ne pourrait le voir. Il fait trop sombre, et il ne sait que trop bien qu'il est facile de se dissimuler dans l'ombre des rues. La voix le brusque et lui arrache un sourire, un mélange de sentiments qui fait exploser les quelques résidus de paix qu'il conservait jusqu'alors.

Les parents... comment peut-il croire ce qu'il dit ? Combien de fois a-t-il pu entendre Camille hurler contre eux parce qu'ils ne le croyaient pas ? « Mes parents ne m'ont jamais convaincu. » Ils en auraient été incapables. Deux pauvres idiots épuisés de l'entendre parler de vampires, de monstres dissimulés sous le lit à attendre de le dévorer. L'enfant ne les aurait jamais écouté, les adultes sont tous des idiots menteurs. Des yeux voilés qui ignorent ce qui se déroule autour d'eux, plongés dans un brouillard qu'ils acceptent trop facilement. Combien d'enfants préféreraient mourir que de croire leurs parents ? Le père Noël n'existe pas. Les elfes n'existent. La fée des dents ? Pff, bonne blague. Le croquemitaine n'existe pas. Mais le monstre sous le lit, comment auraient-ils pu y croire ? Tous les enfants se plaignant de ces terreurs ont-ils eu un Rubens dissimulé dans l'ombre, comme lui ? Un soupir, une vérité en demi-teinte. « C'était un enfant, comme moi. » Il ne se retourne pas, les dents serrées, il attend le verdict. Le doux tintement de cloche qui signera l'heure de sa mort. Le déni s'installe en compagnie d'une culpabilité dérangeante. La honte d'avoir cru l'Anglais à cette époque, l'ennui d'avoir enfoui dans ses souvenirs jusqu'à la voix du monstre. La colère d'avoir été prit pour un fou à cause de lui. C'est de sa faute. « Ils m'ont prit pour un fou pendant des années. » Mais il l'est, il doit bien se l'avouer. Ses émotions déconnent, ses gestes s'emportent. Il était fou de vouloir convaincre ses parents, il est fou de vouloir à tous prix chasser les vampires.

La mort lui effleure la peau, arrache un frisson. Main glacée. L'a-t-il déjà touché, enfant ? Comment aurait-il pu ignorer la vérité de cette créature en ayant senti la chaleur d'un cadavre ? Un sourire en coin. Bien sûr que la lame porte encore l'odeur du sang, mais le sien ou celui des anciens ? Sans peur, il tira la lame de sa veste avec lenteur. « Pensiez-vous que j'allais l'utiliser contre vous ? » Jamais il n'oserait. Un demi tour lent sur ses talons, et il tend la lame à plat dans sa main vers la voix, vers le monstre. Vers l'obscurité, encore et toujours. Qu'il l'achève, qu'il le venge de son oubli, il en a les armes et Camille ne se défendra jamais contre lui. « Dites moi, combien de fois les gens vous ont-ils oublié ? » Mots cruels sous un ton enfantin, il ne cherche pas à faire du mal. Il ne peut pas en faire à une créature vieille de plusieurs millénaires. Parfois, ses victimes en ont parlé. Ça fait mal, d'être ignoré, d'être oublié. Mais elles s'étaient habituées. On s'habitue à tout, disaient-ils. Au bonheur comme à la douleur, jusqu'à ce que tout se mêle l'un dans l'autre. « Vous êtes parti. » Un reproche qui n'est même pas dissimulé. Camille n'admet jamais ses fautes et ses défaites, l'enfant n'a que très peu grandit dans ce corps de bonhomme un peu cabossé. D'un côté tiraillé par les vérités balancées par adules et enfants, de l'autre, sa réalité à lui qui avait disparu... comment peut-il lui reprocher l'oubli ? Sans ça, Camille aurait plongé dans la folie encore un peu plus. Par un geste brusque et sans faire attention, ses doigts se referment contre la lame, incisant la peau de quelques millimètres, tatouant le métal de gouttes carmin.

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