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wigstan . perfer et obdura ; dolor hic tibi proderit olim

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la nuit je mens, à Paris je me fonds

MESSAGES : 32
DATE D'INSCRIPTION : 15/10/2015

MessageSujet: wigstan . perfer et obdura ; dolor hic tibi proderit olim   Jeu 15 Oct - 17:39

de fumo in flammam



Wigstan

nom : Wronski-Geier est le nom qu’il s’est choisi pour cette vie. Il n’en a sinon jamais eu de véritable, ayant vu le jour bien avant qu’il soit commun d’en posséder un. Et, même si sa mère lui avait fait hérité d’un nom de famille, Lech aurait certainement décidé de s’en séparer. ▲ prénom : Lech Günther Kasimir, de diminutif Leszek. Mais, aucun de ceux-là ne lui appartient vraiment, la créature préférant garder pour lui celui qu’il lui a été donné à sa naissance. Wigstan – un nom anglais oublié au fil du temps passant, connu à présent que de très peu, et qu’il désire laisser enfoui dans son passé.  ▲ âge et date de naissance : il est né vers le début de l’année 888, en Mercie – un royaume anglo-saxon du Moyen-Age, alors en proie aux invasions vikings. Les troubles que ces derniers causèrent arrangèrent sa mère, qui quand elle comprit qu’elle était enceinte, fit croire qu’un de ces envahisseur païen s’était emparé par la force de sa vertu, et l’avait laissée avec un ventre s’arrondissant un peu plus chaque mois. Quelque chose de plus facile à faire croire qu’une embrassade avec un être ailé, à la peau de pierre… Mais, parce qu’il est loin de faire ses 1 128 années, Lech préfère dire qu’il est né le 24 novembre 1986, ce qui lui fait 29 ans.  ▲  statut civil : être en couple est pour lui difficile. S’il séduit, ce n’est pas pour autant qu’il ravit à en faire vouloir finir de passer sa vie avec lui. Et, surtout, Lech se refuse aux longues relations. Comment regarder un corps vieillir aux côtés du sien, sans âge ? Et, comment expliquer cela ? S’il est bon amant, le châtain ne s’imagine pas devenir bon mari. Le célibat semble être quelque chose qui le suivra tant qu’il vivra… autant dire, jusqu’à la fin des temps. Ainsi pense-t-il ! ▲ orientation sexuelle : hétérosexuel. Il a bien évidemment eut, en plus de 1 000 années, des aventures avec d’autres hommes, mais ces dernières ne sont pas suffisantes pour qu’il se dise ne serait-ce que bisexuel, et encore moins homosexuel. Quelque chose dans les courbes féminines l’attire irrémédiablement, et leurs âmes semblent s’accorder plus facilement avec la sienne. ▲ métier : il est musicien de jazz, et c’est dans les bars parisiens qu’il se produit, dès la tombée de la nuit. Lech s’est inventé le passé d’un enfant né entre la Pologne et l’Allemagne, qui a connu le conservatoire et se destinait à devenir chef d’orchestre. Mais, le jour de ses 23 ans, il a connu une danseuse du palais Garnier… ils se sont rencontrés sous la tour Eiffel, aime-t-il à raconter. Puis lui est resté, et elle est partie. ▲ situation familiale : sans attaches, il a eu une mère il y a très longtemps, ainsi que des frères et sœurs. Son père, il ne l’a jamais connu – et avec son beau-père, il ne s’est jamais entendu. Quant à des enfants, n’y pensons même pas ! Lech n’en a aucun. Tout du moins, aucun dont il ne soit au courant… et, le châtain imagine qu’il n’en aura jamais. Certainement que, pour compenser son immortalité, la nature l’a fait infertile… oh, il aurait préféré le contraire ! Lech apprécierait former une famille, avoir des personnes à ses côtés à chérir, pour ensuite mourir en regardant ses petits-enfants grandir… ▲ Ton espèce : gargouille, sans qu’il ne le sache. Lech n’a jamais eu personne pour lui révéler la vérité sur sa nature. Il pense qu’il est quelque chose comme un vampire – une vie étirée, pour quelques gouttes de sang. Mais, ses élucubrations s’arrêtent là : ce qu’il est ne l’intéresse finalement que peu… ou l’apeure trop pour qu’il y regarde de trop près. ▲ traits de caractère : cupide - gauche - retenu - charmeur - attractif - fuyant ▲ Que penses-tu des créatures ? : Lech les évite. Il en est lui-même une, certes, mais le fait de se retrouver, nez à nez et en conscience de cause avec une personne tout comme lui inhumaine l’effraye. Cette peur est si bien ancrée en lui que le châtain a réussi à faire taire ce sixième sens qui, normalement, devrait lui permettre de deviner qui n’est pas humain. Et, cela est mieux ainsi pour lui ! Le jazzman prend aussi grand soin à ne jamais rendre son apparence irréelle : cela lui est déjà arrivé, dans des moments d’égarements, et jamais il ne désire que cela se reproduise. Lech va même jusqu’à démonter tout ce qui est irrationnel. Les fantômes, les sorcières, les médiums… il n’y croit pas, dit-il. Et, parfois, il oublie qu’il est lui-même une créature, et se prend à imiter parfaitement un humain. Il mange, il boit, il fume. Et, si jamais un de ses compères monstrueux ne se dévoile à lui, Lech rapidement fait comme s’il n’avait rien vu, ou déjà tout oublié. Qu’on le laisse être humain ! ▲ groupe : Pigalle ▲ crédits : e.b ; tumblr
caractère


cupide ▲ La créature, bien que sachant que sa longévité devrait le pousser à se détacher de tout ce qui est matériel, ne peut s’empêcher de désirer. Il ne tolère pas de vivre dans un taudis, et fait son possible pour évoluer dans des appartements emplis d’objets d’arts et de luxes – il accumule les toiles, les statues, les meubles de créateurs et bouquets de fleurs. Son apparence reflète aussi ses goûts de nanti : toujours bien habillé, Lech ne supporte pas que ses bottillons soient éclaboussés de boue, et ne trouve pas que le port de la cravate appartient aux siècles passés.

gauche ▲ Un de ses plus gros défauts, qui est d’ailleurs étonnant pour une créature de son espèce, est sa maladresse. Toujours un peu ailleurs, Lech ne fait pas forcément attention aux poteaux et bords de trottoirs qui peuvent se trouver sur son chemin. On peut souvent l’entendre couiner de douleur, tenant son nez, ses doigts ou ses coudes… Heureusement, il marque peu – ou on se demanderait s’il ne passe pas ses soirées à se battre dans les rues, tant il aurait d’hématomes ! Néanmoins, cette maladresse ne l’empêche pas d’être bon danseur, cuisinier respectable et fier bagarreur… Lech a eu le temps d’apprendre à se défendre, en plus de 1 000 ans.

retenu ▲ Lech aime certes se produire en public, mais se montre sinon assez discret. Il n’est pas du genre à aller vers les autres de son propre chef. Assez réservé, parfois même lointain, il est difficile de nouer le contact avec lui. Lech aime choisir avec soin avec qui il s’associe, préférant éviter les relations pouvant lui apporter des problèmes. Rien ne doit le pousser à sortir de là où il se terre… Les éclats en public l’horripilent et le mettent fort mal à l’aise, surtout quand on tente de l’y mêler. Ce n’est, d’ailleurs, pas la chose à faire : Lech se crispe, et envenime souvent les choses sans le vouloir, ayant la mauvaise manie d’être agressif quand on l’embarrasse. C’est qu’il a le sang chaud, pour un être de pierre !

charmeur ▲ Ses manières sont aussi raffinées, et cela fait de lui le prince rêvé de beaucoup de rêveuses ignares… Il n’oublie jamais une fête, un anniversaire. Il propose des danses, et des dîners raffinés. Lech n’a pas besoin de forcer sa nature, s’il désire séduire… mais, ce n’est pas pour autant que les conquêtes défilent dans son lit. Son but premier est d’être charmé… Toujours, à son bras, on retrouve du beau monde : le jazzman aime la belle conversation, et les belles plastiques. Par l’émulation mutuelle, Lech se sent quelque peu vivre. Façons de voir, découvertes. Le génie des grands esprits. Le savoir, voilà un bien qui dure dans le temps… Plus que les objets et les corps, tout du moins. Mais, si on lui offre une étreinte sensuelle en plus de quelques échanges philosophiques, Lech ne dit pas non. Il est bon amant, si l’on apprécie son côté sadomasochiste. Morsures, griffures… cire chaude et odeur de cuir.

attractif ▲ Le châtain ne laisse personne indifférent. On l’apprécie, ou on le honnit… mais, on ne peut nier qu’il possède un grand charme… une aura magnétique, envoûtante. On veut le regarder, l’approcher, le toucher. Les touristes venus de loin aiment prendre une photo avec lui, soi-disant parce qu’il représente la classe française telle qu’elle se doit d’être… Etonnant, pour quelqu’un qui n’a pas une goutte de sang hexagonale ! Dans les bars, les corps viennent vers le sien. On flatte sa musique, on s’extase devant ses yeux gris. On touche ses poignets découverts, et on se mord les lèvres… et on se prend un regard désapprobateur de sa part. Lech s’offusque rapidement, quand on tente de lui faire du rentre-dedans. Assez méfiant, il ne se dévoile qu’aux personnes qu’il juge dignes de cela. Et il faut, pour ceci, passer une épreuve bien difficile : un premier rendez-vous romantique… un peu suranné, le jazzman ? Non, juste fort prudent avec tout ce qui le concerne intimement.

fuyant ▲ On peut lire toutes ses expressions sur son visage. Lech ne sera jamais ni un bon joueur de poker, ni un bon menteur. C’est d’ailleurs cela qui a mis fin à nombre de ses relations. Il ne sait quoi répondre quand on lui demande ce qui le tracasse, ce qu’il cache… Comment dire qu’il ne sait pas trop ce qu’il est, que sa véritable nature est inhumaine et meurtrière ? Son regard se fait fuyant, ses soupirs font frémir le silence… et il se fait quitter, incapable d’être entièrement lui-même avec qui que ce soit. Dans un monde ou la transparence est devenue la règle, comment supporter son comportement ? On tombe facilement dans les bras de Lech, pour ensuite rapidement s’en défaire… Le châtain ne peut rien lier d’authentique et cela le désole, évidemment.

anecdotes


timendi causa est nescire ▲ Le châtain n’a aucune idée de ce qu’il est. Il est évident qu’il n’est pas être humain, mais ses certitudes s’arrêtent là. Après, qu’est-il ? D’où vient-il ? Qu’est-ce qui a causé son apparition sur cette planète, y en a-t-il d’autres comme lui foulant la terre ? Il s’imagine faire partie de ces créatures qui ont créé le mythe des vampires. Mais, ce n’est pas pour autant que le châtain cherche ceux qu’il pourrait considérer comme ses semblables. Lech cherche à éviter tout ce qui se rapproche du surnaturel, évitant aussi bien liseuses de bonnes aventures que messes chrétiennes… Il refuse toute discussion faisant appel aux croyances, et nie l’existence de toutes ces créatures de contes… Lech veut se persuader qu’il n’est qu’un psychotique en proie à de vivides hallucinations. Et non pas cette… cette chose ! Déjà se trouve-t-il désaxé, inadapté…  sont-ils tous ainsi ? Ils, ceux qui possiblement partagent ses tares. Ne risquent-ils pas de s’arracher mutuellement la gorge, s’ils se croisent ? Lech a tant tué… son cœur n’est-il pas devenu noir comme celui de ses proies ? Ne peut-il pas, de ce fait, devenir la proie d’un de ses semblables ? Tant d’élucubrations qui l’effrayent, qui le poussent à rejeter sa nature… Lech ne s’est jamais vraiment transformé, trop mal à l’aise avec lui-même. Parfois, une aile de charbon. Parfois, une patte de pierre. Un cri, une peur… Quel monstre est-il ? Tant d’angoisses l’habitent.

fluctuat nec mergitur ▲ Difficile de trouver, après tant de siècles passés, de quoi recrépir son quotidien. Lech, les années passant, n’arrivant plus à lutter contre la mélancolie et la monotonie, s’est laissé sombrer  dans la dépression. Il passe ses heures libres à se languir devant la télévision, ou reste dans son lit, enroulé dans ses draps, à fumer cigarette sur cigarette. Il les compte, comme des moutons. Ces bâtons qui ne lui font rien… pas de cancer, pas d’infarctus. La fin, qui jamais ne vient. Faute de pouvoir mourir Lech cherche à s’endormir, pour que le temps passe plus vite… devenir une pierre lui plairait ; et souvent il envie les gargouilles perchées sur Notre-Dame de Paris, ignorant tout du lien qui l’unit à elles… Juste sait-il qu’elles lui plaisent. Elles lui sont, par un fait étrange, familières.

disiecti membra poetae ▲ Il a bien quelques loisirs, et la musique est certainement le plus important. Ayant décidé d’être pour quelques années musicien de jazz, Lech s’est attaché à un saxophone, emblème de ce genre musical. Il sait évidemment jouer bien d’autres instruments, sa longue vie lui ayant permis de dompter bien des arts. Mais, Lech joue le modeste, et d’ailleurs ne cherche pas à se produire dans de grands lieux parisiens. Il préfère les petites salles où les musiciens effleurent les visiteurs, où l’échange est possible, et où son anonymat est gardé… Mais, malgré tout, autour de lui commence à se former une petite troupe de réguliers. Ils veulent l’écouter, ils veulent improviser à ses côtés… Leszek le va-nu-pieds.  Celui qui dépose ses chaussures à l’entrée, qui danse quand il joue. En chemise et cravate, coiffure en vrac, qui chante en plus de dix langues différentes. Comment a-t-il pu imaginer qu’il resterait discret ?

si vis amari, ama ▲ Lech est le genre de personne qu’il est difficile de haïr, bien qu’il soit assez acariâtre. Il prend volontairement soin de ceux l’entourant, qu’il les apprécie ou non. Il occupe, de fait plus que de droit, la place de concierge au sein du complexe d’appartements qu’il habite. Le châtain récolte les colis de ses voisins absents, a aidé la jeune couple du rez-de-chaussée à emménager, n’hésite jamais à venir rendre visite au vieillard du troisième étage pour une partie de cartes… il donne des cours de solfège aux enfants, et de danse de salon aux parents. Et tous se permettent de venir toquer à sa porte, pour lui retourner les faveurs qu’il leur a faite. Une part de red velvet, un vieux CD de funk… Lech empile bien des trésors que son étrange affabilité lui apporte. Lui, qui pourtant se voit comme une créature gredine, ne peut s’empêcher d’étendre ses fines ailes noires au-dessus de ceux l’entourant. D’où vient ce besoin de protéger, si opposé à son désir de tuer ?

semper idem ▲ Sa façon de tuer est bien particulière, et a été parfaite au fil de sa vie. Élégance, mystère. Lech n’est pas un meurtrier à la façon de faire délirante et violente. Il observe, apprend à connaître. Déjà, pour lui : qu’est-ce qui le pousse vers certaines personnes ? Qu’est-ce qui fait que, parmi les passants, il décèle des proies ? Il a quelque peu compris, avec le temps. Son instinct le pousse vers ceux qui sentent le sang… vers celles qui sentent le sang. Lech a appris à ignorer les corps masculins, pour se focaliser sur les corps féminins. Féminins, et beaux. Il les préfère… Voilà qu’il a lié ses plaisirs primaires : la faim et le sexe. C’est,  pour lui, un tel plaisir que de trancher cette peau nue, juste entre ces seins, pour de ses mains tirer le battant sanglant ! Un geste assuré, qui ne laisse qu’une plaie propre, qu’il camoufle alors… toujours, le châtain utilise pour cette tâche la fleur favorite de sa victime. Lys, rose, orchidée… Ce n’est que quand il la connaît qu’il s’autorise à passer à l’acte. Puis, comme pour s’excuser du mal qu’il leur a fait, ou pour se moquer de leur efflorescence qu’il a violée, de pétales il les recouvre.  Puis le monstre ferme leurs yeux terrifiés, embrasse leurs lèvres pétrifiées, et s’en va avec leur cœur.

nemo me impune lacessit ▲ Il boîte. Un défaut de naissance, comme quoi les monstres aussi peuvent avoir des tares… Cela vient d’une malformation de sa jambe droite, qui est plus courte que la gauche. Cela lui donne évidemment une démarche légèrement claudicante, mais pas assez pour l’empêcher de se mouvoir avec aise – il est d’ailleurs capable de danser, juste ne faut-il pas lui demander d’enchaîner les acrobaties. Son infirmité est aussi une bonne excuse pour se promener avec une canne, dont il n’hésite pas à se servir pour violemment frapper quiconque le menacerait… N’ayant aucun moyen de locomotion en sa possession à part ses pieds et rentrant souvent tard, Lech est souvent pris, à tort, pour une proie facile par des voyous sans envergure. C’est bien se méprendre ! Lech a appris à compenser sa faiblesse. Souple et vigoureux, il n’hésite pas à frapper directement tout point faible se présentant. Faciès, articulations, entre-jambes… il n’aime pas jouer, et préfère rapidement en finir. Autant dire qu’il n’y va pas de main morte !

ton pseudo : e.b ▲ ton âge  : 23 ans ▲ ton pays : France ▲ ta fréquence de connexion : 4/7 ▲ comment t'es arrivé ici ? via bazzart ▲ ton avis sur le forum : très bien fait ▲ un commentaire ? aucun

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MessageSujet: Re: wigstan . perfer et obdura ; dolor hic tibi proderit olim   Jeu 15 Oct - 17:40


bellum domesticum

Une cigarette derrière une autre. Une odeur désagréable, à laquelle Lech ne portait plus grande attention, envahit la salle de bain. Posé sur le meuble à côté, un cendrier plein. Il mit, d’un geste d’habitué, ses boutons de manchettes. Des grenats sertis sur de l’or, accordés à la chevalière qui décorait sa main droite. Dans le miroir, il fixa sa chevelure, se demandant comment allait-t-il se coiffer pour cette soirée. Raie à gauche, raie, à droite ? Tout plaquer, ou laisser à sa crinière toute sa liberté ? Il ne sait trop quoi choisir, trop excité pour se concentrer. Ce soir, il mange. Ce soir, il tue !

Il pense à la viande fraîche, palpitante, entre ses mains, puis entre ses crocs, puis entre ses côtes… Une bouffée de chaleur l’enivra. Pour ce soir, son parfum sera celui de l’œillet. Il en avait acheté une centaine, multicolores. Le voilà bien loin de la première fois où il s’était repaît d’un battant sanglant… les premières fois ne sont jamais les plus réussies. C’était il y a plus de 1 000 ans, mais jamais il n’oublierait cette fois-là. Le cœur de sa propre mère. « Like a virgin » de Madonna se mit alors à glisser hors des enceintes de sa chaîne stéréo.

« I made it through the wilderness
Somehow I made it through
Didn't know how lost I was
Until I found you »


La créature ne pouvait s’empêcher de chanter, agité. Il noua autour de son cou une cravate à la teinte sombre de l’hémoglobine, puis l’épingla à sa chemise. Rien ne devait être mal placé ! C’était un moment important. Un rituel. Sacrificiel. Et, c’était décidé, il se contenterait de se peigner. Juste sculpterait-t-il un peu devant, pour garder un visage dégagé. Que rien ne vienne dans ses yeux, lorsque viendra le moment délectable que de trancher la chair, jusqu’au trésor qu’il conserve… faire couler des rivières vermeilles, qu’il boira alors qu’elles couleront entre et autour de ces seins replets… fluide vital, similaire au lait maternel.

« When your heart beats
Next to mine… »


Il avait 22 ans lorsqu’il lui avait arraché le cœur, furieux. Elle avait raconté, à la femme qu’il désirait épouser, qu’il n’était qu’un monstre, et qu’elle ferait mieux d’épouser le fils de quelqu’un d’autre – ce que la demoiselle fit, cherchant plus dans le mariage un soutien financier qu’une source de mystères.

Il était né juste après six mois de gestation, et avait par deux fois échappé aux aiguilles de la faiseuse d’anges. En le voyant, si chétif, avec sa jambe plus courte que l’autre, Audrea (ainsi s’appellait-t-elle) avait décidé de ne pas le nourrir. A quoi bon, il allait mourir ! C’était l’hiver… et, de toute façon, elle n’en voulait pas. Juste le fit-elle baptiser, comme il était coutume de faire, et lui choisit alors à ce moment un prénom. Wigstan. Elle pensait devoir rapidement faire graver ce prénom sur une tombe, et non pas que 22 ans plus tard, elle le crierait pour obtenir de la  pitié…

Le nourrisson survécut. Une semaine, puis deux, sans être nourri. Quel monstre était-il ? En tout cas, la femme de chambre ne pouvait plus prétendre ne pas lui donner le sein, car la mort l’attendait… elle dut le prendre dans ses bras, et lui fournir son repas. Cet enfant incompréhensible, venu d’un cauchemar… Audrea allait souvent à l’église et toujours, se sentait épiée quand elle y entrait et en sortait. Quelque chose sur les toits la surveillait. Et un soir de printemps, elle fit ce drôle de rêve. Une chose ailée vint s’engouffrer par sa fenêtre ouverte, puis se glissa entre ses jambes écartées. Des rêves érotiques, elle en avait déjà fait – une fois avait-elle surpris une autre bonne se faire culbuter par un valet, dans la cuisine. Derrière la porte, elle était restée pour les épier, et depuis ce jour se sentait… chaude et pleine d’un désir nouveau. Audrea prit cela pour une nouvelle fantaisie de son esprit échauffé. Et, ces derniers temps, quelqu’un laissait sur son lit des fleurs… Avait-elle un soupirant inconnu ? Cela ne faisait que renforcer ses ardeurs et sa frustration. Comment la bonne et le valet criaient de plaisir ! Etait-ce si bon que cela ? Oh, cette nuit-là, elle en fut certaine : c’était si bon que cela.

Puis, son ventre commença à s’arrondir. Pour éviter les scandales, ses maîtres la renvoyèrent. Audrea alla vers la campagne, et trouva une nouvelle famille à servir. Elle prétexta avoir eu une vie difficile… un envahisseur l’avait surprise, dans un champ où elle travaillait… et, là voilà engrossée, à 16 ans ! Ils eurent pitié d’elle, et la prirent en cuisine. Et Wigstan naquit.

Et, il grandit. Rapidement. Un peu trop pour que cela soit naturel. Plus vif que les autres enfants de son âge, dans tous les domaines. Malgré sa jambe boiteuse et le fait qu’il ait passé ses premières semaines affamé par sa mère, Wigstan les outrepassait, tous. Le couple de maîtres vint même à l’apprécier. Ils le laissaient effleurer les cordes de la harpe, et regarder les images des livres. Mais, Audrea, craignant qu’il ne révèle sa nature qu’elle savait au fond d’elle-même inhumaine, l’éloignait toujours de ces derniers. Elle refusait toutes les opportunités qu’ils voulaient lui offrir, ainsi que leurs présents.

« C’est le fils d’un païen, d’un pilleur ! Il est voué, par son sang, à apporter le malheur… ne vous laissez pas être entaché par les fautes qu’il porte en lui… il fait déjà une malheureuse, moi… et je me tuerai s’il vous faisait le moindre mal, madame, monsieur ! » Voilà ce qu’elle leur disait, d’un air geignard. Que pouvaient-ils faire, face à cela ? C’était déjà assez difficile de faire comprendre qu’ils s’étaient attachés à un autre enfant que le leur… mais, les faits étaient là : Wigstan était bien plus vif, de corps comme d’esprit, que leur fils. C’en était embarrassant.

Audrea eut d’autres enfants, mais jamais cela ne la détourna de Wigstan. Plutôt que de l’ignorer, elle l’entravait… Elle savait son caractère aimable, et s’en servait contre lui. La matrone faisait exprès de toujours lui donner plus de nourriture qu’à ses frères et sœurs. Parce qu’il était l’aîné, et parce qu’il était si grand, disait Audrea. Il devait, de ce fait, manger plus ! Gêné par ce faux favoritisme, Wigstan donnait de sa part à ses cadets. Sa mère faisait semblant de se vexer, lui prenait son assiette et la jetait par terre, au chien… et, Wigstan se récoltait quelques coups de cuillère en guise de dessert. Elle l’envoyait aussi faire des tâches ingrates, difficiles, inutiles… Tout, pour tenter de le briser. Quand son adolescence vint, pour tester sa virilité, et être sûr qu’il serait capable de lui donner des petits enfants, et qu’il satisferait sa future femme, elle se mit à s’amuser à l’exciter, publiquement… « Regardez, il bande de la main de sa mère ! » criait-elle, avant de se mettre à rire. Lui, évidemment, rougissait jusqu’aux oreilles, cherchant à repousser les griffes maternelles.  Mais, c’était difficile. Elle savait trop bien comment s’y prendre, et personne ne semblait vouloir ne faire cesser cela. Même quand les larmes lui montaient aux yeux.

La pression, évidemment, s’accumula. Parce qu’il n’avait jamais levé la main sur elle, Audrea se prit à penser qu’il ne le ferait jamais. Qu’elle pouvait le fesser à vingt ans passer, et éloigner de lui toute imprudente qu’il charmait… Wigstan était à elle. Elle l’avait créé, elle l’avait dressé ! Et, c’est vrai qu’il était devenu un jeune homme attirant. Elle s’était mariée avec un jardinier peu regardant sur sa virginité, qui lui avait fait pondre trois autres enfants – sept, si elle n’en avait pas avorté. Mais, lassée de pondre et de voir son corps se déformer, Audrea avait décidé qu’il serait plus commode de payer en une fois leur mort que de payer en plusieurs fois leurs besoins pour vivre. Et, sa maîtresse lui avait bien fait comprendre qu’il était temps qu’elle arrête d’enfanter ! Ils étaient comme leur père : abrupts et épais. Wigstan, lui, avait ce raffinement inconnu chez les servants. De grands yeux gris changeants selon la lumière, et des lèvres charnues. Parce qu’elle ne voulait pas qu’il ait de premier baiser, un jour elle prit ses lèvres entre les siennes, et finit par le mordre. Puis, elle le gifla. « Fils du Diable ! » Vraiment, comment devait-il prendre cela ? Et, plus ainsi elle le tourmentait, plus son cœur se noircissait… et, Wigstan finit cesser d’éprouver de la patience filiale, pour céder à son instinct… cette chose qui en lui grandissait depuis des années, affreuse et finalement, libératrice.

Il s’était enfui, suite à son meurtre. Effrayé par ce qu’il avait fait. C’était évident, qu’il était le coupable ! Il était barbouillé de sang… et dans son estomac, un cœur.  Il l’avait vomi, peu de temps après. Il en tâta les restes, pour s’assurer qu’ils étaient réels. Cela n’avait pas été un cauchemar… il avait bien pris la vie de sa mère, puis avait dévoré ses entrailles, à même son cadavre. Wigstan était bien ce qu’elle lui criait qu’il était… un monstre ! Un fils du Diable ! Un damné, capable de tuer celle qui l’avait élevé.

« Feels so good inside
When you hold me,
And your heart beats,
And you love me »



A présent, Wigstan se souvenait de ce moment comme d’une délivrance. Sa mère n’avait jamais été bonne avec lui, et comme celle qu’il s’apprêtait à dévorer ce soir, avait mérité sa fin violente. Elle avait été la première d’une longue lignée de cœurs dévorés… Au fil des siècles, le châtain avait pris en assurance. Il avait appris à se fondre dans la masse humaine, pour éviter d’être repéré. Les chasses aux sorcières du Moyen-Age lui avaient appris à faire profil bas… et l’envie de rester, malgré tout, encore un petit peu humain, lui avait donné l’envie de vivre comme il le faisait aujourd’hui. Une fausse identité, et une haine aiguë du paranormal. Rencontrer d’autres créatures lui ferait trop prendre conscience de son anormalité… ainsi avait-il décidé de continuer à vivre. Seul, dans le déni.

« Can't you hear my heart beat
For the very first time? »


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la nuit je mens, à Paris je me fonds

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MessageSujet: Re: wigstan . perfer et obdura ; dolor hic tibi proderit olim   Jeu 15 Oct - 21:16

Bienvenue Déjà, j'aime beaucoup ton choix de pseudo et puis, un garçon, joli gargouille qui s'invente de belles histoires, laisse croire qu'il est comme eux, mortel, ça promet pour la suite, j'ai hâte de lire


    HIRAETH
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MessageSujet: Re: wigstan . perfer et obdura ; dolor hic tibi proderit olim   Jeu 15 Oct - 21:52

Bienvenue à toi aussi ! Arrow
Et joyeuses Pâques !

Merci pour les compliments, j'espère que le reste de ma fiche te plaira tout autant ! Mais avant tout, il faut que je l'écrive, ce reste de fiche... Bon, j'y retourne hein.

J'y retourne juste après quelques épisodes de Steven Universe, oui oui promis.  
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la nuit je mens, à Paris je me fonds

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MessageSujet: Re: wigstan . perfer et obdura ; dolor hic tibi proderit olim   Ven 16 Oct - 19:55

Bienvenue monsieur la gargouille
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MessageSujet: Re: wigstan . perfer et obdura ; dolor hic tibi proderit olim   Ven 16 Oct - 20:06

Merci monsieur le lynx !
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MessageSujet: Re: wigstan . perfer et obdura ; dolor hic tibi proderit olim   Ven 16 Oct - 20:08

QUEL PERSONNAGE je suis subjuguée par cette perfection
bienvenue dans le coin
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MessageSujet: Re: wigstan . perfer et obdura ; dolor hic tibi proderit olim   Ven 16 Oct - 21:04

Roh, merci pour ces compliments et ton message de bienvenue. Mais je ne qualifierai pas mon Lech de parfait, loin de là... il a de sacrés défauts quand-même... à moins que ce soit les défauts de la perfection ? /s'embrouille/
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MessageSujet: Re: wigstan . perfer et obdura ; dolor hic tibi proderit olim   Ven 16 Oct - 21:34


BIENVENUE CHEZ TOI

CE PERSONNAGE  . J'ai dévoré ta fiche  . Ce personnage magnifique, gargouille boiteuse, garçon qui cherche à se mentir, préfère croire qu'il est fou, hallucine. Il faudra qu'il accepte ce qu'il est, petit bidule  . C'est une belle idée, belle histoire  . Et toute la relation avec sa mère, cette harpie qui l'emprisonne . Pardon, je m'étale, donc je m'arrête ici pour les compliments  .

Félicitations, tu es validé(e). Avant de franchir les portes de Florence, voici quelques conseils qui pourront t'aider à survivre. D'abord, il te faut VÉRIFIER TON AVATAR DANS LE BOTTIN pour avoir la certitude qu'aucun double, maléfique ou bénéfique, ne vienne te voler ton visage. Ensuite, tu peux aller CRÉER TA FICHE DE LIENS ET DE RPS afin de ne pas terminer en âme noire et solitaire. Pour ce faire, tu peux aussi CRÉER UN SCÉNARIO et peut-être retrouver un visage de ton histoire, une personne avec qui survivre et mourir dans ce chaos. Enfin, si tu veux te détendre et oublier les sombres mémoires du passé, tu peux aller FLOODER avec les autres florentins. Mais n'oublie pas, il faut toujours se méfier de son voisin, ici. Alors, bon courage et bon jeu.



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MessageSujet: Re: wigstan . perfer et obdura ; dolor hic tibi proderit olim   Ven 16 Oct - 21:41

VALIDATION


Je te remercie pour ta rapidité de validation et tes compliments. J'ai fait de mon mieux pour faire une gargouille qui sort un peu des chemins battus, pour éviter toute possible répétition d'un autre personnage, sans en faire pour autant trop... je suis donc ravie qu'il te plaise !

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MessageSujet: Re: wigstan . perfer et obdura ; dolor hic tibi proderit olim   Sam 17 Oct - 20:17

UNE GARGOUILLE Les meilleurs
Nous allons purger le monde
Bienvenue
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MessageSujet: Re: wigstan . perfer et obdura ; dolor hic tibi proderit olim   

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