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i'm gonna get you (Montague)

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la nuit je mens, à Paris je me fonds

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MessageSujet: i'm gonna get you (Montague)   Dim 11 Oct - 22:05


“She thought she was independent and strong, but she got one small taste of love and she was hungrier than anyone. She was ravenous.”


MONTAGUE & CALLA





C'est une enfant qui se chamaille avec un ami. Des petits coups échangés sous les éclats de rire. Ils profitent des belles chaleurs de ce mois d'Octobre. Quand les manches se font plus courtes et les jambes se dévoilent dans une dernière tentative de séduction avant l'arrivée des tissus épais. Calla ne déroge pas à la règle. La gamine aime plaire, ça se sent, mais ça se voit surtout. Elle joue de regards innocents plein d'appétit pour la virilité. La main régulièrement dans les cheveux. Elle sautille, prend de l'avance sur ses amis. Jette des regards amusés à son camarade. Elle ressent son désir. L'envie de se glisser dans son intimité et devenir bien plus que son compagnon de chamaillerie. Quelques mains perdues, il profite régulièrement de la proximité du jeu pour se noyer dans des rêveries déplacées. Il n'est pour elle qu'un petit passe-temps en attendant le véritable. Elle s’entraîne sur lui, aiguise ses talents, mais il est trop simple. Trop faible. Calla tourne sur elle même, fait se lever sa jupe d’occasion. Gosse euphorique qui se nourrit des émotions d'autrui. Mélange étrange entre le bien être, l’amertume et le désir de la chair. Des bras viennent entourer sa taille et l'éloigne du sol. Un geste envahissant. Un de trop qu'elle punit par une insulte. C'est quand elle veut et là, ce n'est pas le cas. Absorbée par la sagesse, il a tout gâché. Il devra payer, mais pas maintenant. Le jeu doit reprendre avec l'autre. Le véritable. Quelques instants à le regarder, l'étudiante cherche un moyen pour l'approcher. Il n'est pas comme les autres, un jeu de jambes ne suffit pas pour l'amadouer. Je reviens, c'est ce qu'elle laisse croire en s'éloignant avec ses affaires. Gobelet de café Starbucks en main, elle reprend son sérieux. Pour l'image, Calla n'aime pas le café, c'est surtout pour faire comme les autres. Ceux qu'elle appelle ses amis. Ces corps inintéressants. Ces âmes hideuses. Ils sont pas appétissants les innocents. Ils sont stupides les jeunes. La gamine préfère la compagnie des hommes. L’expérience qui se lit sur les visages. Les mains abîmées par les années. Elle n'est pas comme les autres ce n'est pas la beauté qui l'attire. La difficulté qu'ils représentent. Quand ils la font douter sur son pouvoir de séduction. Quand ils entrent dans son jeu, éveillent sa curiosité, effleurent sa peau et la laissent sur sa faim. Calla fait croire aux hommes qu'ils sont maîtres de la situation. La tête se penche pour attraper le regard.   « Bonjour. » Elle s'invite aussitôt près de lui. Pas la peine de lui demander la permission, il risquerait de refuser. C'est dans sa nature de s'immiscer là où on ne veut pas d'elle. Un bon sourire pour l'amadouer. La gentille étudiante.   « Vous lisez quoi? » Véritable curiosité d'une enfant qui n'a pas le temps pour se plonger dans les livres. Elle ne se donne pas la possibilité. Toujours à courir. Recherche d'un peu de vie et de considération. Ce n'est que le début du jeu. Les mains ne se sont pas encore perdues sur lui, ça ne saurait tarder. Le visage de l'innocence. Son masque préféré. Elle en prend soin, le chérit tendrement. Jamais bien loin pour séduire ou pour se sortir des situations délicates. On ne se méfie jamais de l'enfant innocent. Une sonnerie incongrue se fait entendre. Calla saisit l’occasion. Trop parfaite. Elle s'agite pour attraper son téléphone.   « Veuillez m'excuser. » La main libre tâte le tissus avant de fouiller dans le sac. Elle se donne un air maladroit. Lui sourit timidement, faussement gênée par cette intrusion. L'appel de l'argent qui sonne au mauvais moment. Au meilleur moment. La pièce se joue dans la main qu'on ne regarde pas. Le bout du doigt vient ouvrir le haut du gobelet avec une discrétion hallucinante. Les années de manipulation. Magicienne d'un autre temps. Calla attire les yeux où elle souhaite pour mieux jouer. L'objet est sorti avec triomphe alors que l'autre main accomplit le geste fatal. Le liquide encore chaud se déverse sur le pantalon de l'homme. L'endroit où il ne faut pas.   « Je suis tellement désolée !» Parfaite actrice. Elle pose avec précipitation son téléphone et le gobelet presque vide. L'odeur du café lui irrite le nez, elle déteste cette odeur. Elle tire de son sac un paquet de mouchoir. C'est une méthode risquée. Calla aime prendre des risques, énerver pour mieux se faire pardonner plus tard. Elle rend les occasions plus palpitantes. Être redevable à l'homme, devenir une petite chose sur laquelle ils ont un certain pouvoir. Les excuses répétées. La gamine donne vraiment l'impression de pas avoir souhaité ce geste. Une maladresse de plus pour la gueule d'ange. Les mains de la fausse innocente s'empressent d'essuyer la bêtise. Elle profite de la situation pour effleurer l'entrejambe de son professeur. Pour s'inviter là où elle ne doit pas être et essayer de le déstabiliser.


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MessageSujet: Re: i'm gonna get you (Montague)   Lun 12 Oct - 23:34

I'm gonna get you
Le jardin du Luxembourg grouillait de ces étudiants qui n'avaient rien d'autre à faire que de flâner, de ces couples qui ne faisaient pas cinq mètres sans s'embrasser et de ces mélancoliques qui n'avait pas trouvé meilleure compagnie que celle d'un livre aux pages cornées. Montague appartenait à cette dernière catégorie. Il n'avait rien trouvé de mieux. La bibliothèque du département d'histoire ne lui disait rien, et il n'avait que deux heures à perdre, trop peu pour rentrer chez lui. Alors, il s'était installé sur ce banc, près de cet arbre. Un chêne, s'il ne s'abusait. Dans ses mains, la Divine Comédie et ses premières pages se faisaient agresser par une bourrasque. La main gauche de Montague s'interposa, et il reprit le fil de sa lecture. Un de ses ouvrages préférés que celui-ci. L'Enfer. Le Purgatoire. Le Paradis. La plume de Dante. Un délice littéraire dont il ne se lassait pas. Cela lui permettait de sortir la tête de ses cours l'espace d'un instant. Deux heures passeraient en un instant alors occupé à lire. Il reposait sa mémoire, aussi, ce qui n'était pas plus mal. Petit à petit, il s'isolait du monde. Les voix commençaient à disparaître, puis les personnes, et enfin tout ce qui l'entourait. Ne restait plus que ce bon vieux banc, et la Divine Comédie entre ses mains abîmées. Il ne se focalisait plus que sur les mots, les phrases, le sens. Une bulle. Une évasion.

Mais ses sens ne le trahissaient jamais, Montague. Il sentit sa présence avant de la reconnaître. Une salutation. Simple, formelle. Un Bonjour qui l'obligea à décoller les yeux de l'ouvrage, à retrouver le monde réel comme on saute à pieds joints dans une flaque d'eau. Et il n'a pas le temps de répondre quoi que ce soit qu'elle prit place à côté de lui. Les yeux de Montague quittèrent les mains soignées, les ongles vernis, pour remonter vers le visage. Visage qu'il reconnut aussitôt. L'étudiante. Une parmi tant d'autres. Une qu'il reconnaissait cependant. Les yeux de Montague glissèrent sur le visage juvénile, des lèvres rosées aux yeux qui encore une fois jouaient les capricieux, à ne pas se dévoiler entièrement. Il aurait dû se sentir envahi, Montague, d'ailleurs, il commençait à ressentir ces légers picotements de gêne au bout des doigts. Il était à deux doigts de la foudroyer du regard, mais il ne le fit pas. La bête aimait ce qu'elle voyait, l'étudiante sans filtre ni barrières, celle qui osaient tout. Cela plaisait au lynx. Sans la quitter des yeux, et à sa surprise, il s'entendit répondre : « Bonjour. » Ce n'était ni enthousiaste, ni las. Cela pourrait autant l'encourager à rester qu'à partir. Il lui laissait l'interprétation libre. Il continuait de la regarder, se rendant compte qu'elle n'était nullement intimidée par ce regard inquisiteur qu'il posait sur lui. Elle lui demanda ce qu'il lisait. Les yeux de Montague se retrouvèrent l'ouvrage quelques secondes, puis reprirent leur position initiale, sur le visage de la jeune fille. « Dante. » Rien de plus, car la conversation, qui pourrait paraître banale, commence à vraiment à gêner Montague. Elle casse tout, elle se permet tout. Les règles, les codes, plus rien ne subsistait. Il n'en revenait pas. Elle s'adressait à lui comme s'il était un de ses camarades. La bête aimait ce esprit d'initiative, mais Montague se sentait offensé. Doux paradoxe. Était-ce une confrontation ? Montague ne s'était jamais senti aussi agressé visuellement parlant, et il continuait de rendre son regard à la jeune fille, à cette Calla Pettersen. Mémoire infaillible, mémoire guide de survie. Il fallut que la sonnerie d'un téléphone portable – le sien sans doute, Montague n'en ayant pas – retentisse pour mettre fin à cet étrange échange. Pourtant, Montague ne décrocha pas son regard de Calla, intercepta ce petit sourire sans y répondre, se contentant de la fixer comme un casse-tête qu'il ne parviendrait pas à résoudre. Il ne se rendit pas compte du stratagème, obnubilé par la faculté qu'elle avait à s'immiscer comme bon lui semblait. Elle. Il ne vit pas le gobelet se renverser, mais en revanche, il sentit bien le liquide chaud se déverser sur son pantalon, et plus précisément sur son entrejambe. Cette fois, le regard noir fusa. Il éloigna le livre, comme s'il eût été beaucoup plus important que lui, et son autre main intercepta le gobelet pour le redresser, même si la grande totalité s'était déjà déversée. Nulle douleur. Seulement la colère. « Faîtes donc attention ! » Qu'il lâcha, dans un éclat d'irritation. Elle s'empressa de s'excuser, mais le mal était fait. Montague était exaspéré, et il ne savait quelle attitude adopter. Il jeta un regard autour d'eux, notant que plusieurs regards s'étaient tournés vers eux. Un sourire forcé pour calmer la chose. Tenter de calmer la bête en lui. Les pupilles qui changent en l'espace d'un instant, qui s'affinent. Elle, elle tentait de se rattraper en essuyant le café à l'aide d'un mouchoir. Une barrière de plus qui tomba. Montague lui saisit le poignet au moment où elle effleurait son entrejambe, à bout de nerfs. « Stop, » qu'il déclara en lui lançant un regard ferme. Frisson qui court le long de son échine, il n'est pas sûr d'avoir ressenti ce qu'il a ressenti. Ses mains, à elle, sur lui. là. À cet endroit. Il lâcha son poignet, récupéra le mouchoir et se redressa, achevant de nettoyer ce qu'il restait, bien que son pantalon ait imbibé la plupart du liquide. Quelle histoire ! Au moins, la Divine Comédie survivra. Il se tourna vers Calla, la regardant en plissant les yeux, à la fois intrigué et en colère de la voir toujours là. « Je vous laisserai le soin d'expliquer à vos camarades pourquoi je serai en retard à leur cours, n'est-ce pas mademoiselle Pettersen. » Ça se voulait froid, et ça l'était, bien qu'il parla bien évidemment sous l'effet de la colère.
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MessageSujet: Re: i'm gonna get you (Montague)   Mar 13 Oct - 22:55


“She thought she was independent and strong, but she got one small taste of love and she was hungrier than anyone. She was ravenous.”


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Pas le premier, sans doute pas le dernier. L'éternité pour torturer les âmes. Un jour peut-être qu'elle s'en lassera. Cherchant autre chose que ce rôle de prostituée des sentiments. Prostituée tout simplement. Pourtant avec Montague c'est différent. Sans doute le niveau de difficulté. Cet homme. Ô cet homme. C'est bien plus que ça. Bien plus qu'une histoire de difficulté car il est comme les autres. Il faudra peut-être un peu plus de temps que les faibles précédents, mais Calla n'a aucun doute dessus. Il cédera et peu importe le temps qu'il faudra, elle sera toujours là. Sans cesse derrière lui. Ils ne peuvent pas résister aux mains joueuses. Aux caresses imprévues. A ce corps qui ne demande qu'à être aimé pendant un instant. Aux lèvres qui ne demandent qu'à être embrassées. Même les sentiments envahissant n'ont pas arrêté Pettersen dans sa course effrénée à la destruction. Même pas la mort. Il y a eu lui, le plus fort des faibles. Celui qui lui a fait douter d'elle, de son jeu stupide. Maintenant il y a Rochas. Elle le sent au plus profond d'elle même. Cette fois, ça sera différent. La hiérarchie, jamais elle n'avait osé s'attaquer à un homme qui puisse la détruire d'un seul geste. Un tel pouvoir, c'est terrifiant. Enivrant. La stabilité de l'âge. Les années de couple qu'elle espère un peu fragile. Briser un mariage, ça ne lui fait pas peur. Pourquoi auraient-ils le droit à ce bonheur et pas elle ? Jalousie comme base solide de ce comportement déviant. La femme laisse place à l'adolescente quand il pose son regard sur elle. Elle aime sentir ses yeux perdurer sur son visage se demandant ce qui pouvait bien se passer à l'intérieur. De la tête aux entrailles en passant bien évidemment par la partie la plus sensible de l'homme. Ce n'est pas le désir qu'elle voit dans ses yeux. Pas d'importance, elle en a assez pour deux. Dante Ça sonne bien. Ça sonne connu dans la caboche de la garce. Jamais lu, mais déjà vu. Il repose sur le sol de la chambre de la mère à la place d'une table absente. Peut-être devrait-elle le lire pour avoir une bonne raison de venir le revoir la prochaine fois. La sonnerie ne lui laisse pas le temps de chercher une réponse convenable. Calla se balance, remue pour trouver l'objet du délit. Impolitesse totale. La prestidigitatrice emmène le regard où elle le souhaite. Un don. Un héritage. Ce n'est pas la facilité qu'elle choisit. Ce n'est pas un décolleté trop profond. La jupe qui remonte. Non, c'est l'image de l'innocence. De l'étudiante un peu impolie qui ne voit pas que son comportement est déplacé. Le regard change quand le verre se renverse. Le jeu de la manipulation porte ses fruits. Ça vibre de l'intérieure. Les deux visages. Le sourire satisfait qu'elle cache. Enferme loin de la lumière du jour. Elle jubile secrètement. Discrètement alors que c'est toute autre chose qu'elle montre. La détresse dans le regard entraîné pour de telles acrobaties. Faire attention, la gamine ne fait que ça. Presque tous ses gestes sont réfléchis quand elle est près de lui. Elle ne peut pas se permettre de faire le moindre faux pas. Des excuses pour faire bien, ne pas s’attirer complètement les foudres de son Dieu du moment. Quand la main effleure l'entrejambe de son professeur afin d'essuyer sa bêtise. Son piège. L'étudiante rêve de toute autre chose. C'est l'envie d'entrer dans cette intimité. De la saisir. Caresses. Doux baisers. Poser ses lèvres sur le bas ventre pour lui donner du plaisir. Elle veut lui faire perdre ce contrôle qui se force à garder. Se mettre à genoux pour cet homme hors d'atteinte. Sentir ses mains se glisser dans les cheveux et lui ordonner les gestes. C'est l'envie de voir le jeu prendre déjà fin. Qu'il cède rapidement. Immédiatement car elle est impatiente la gamine. Elle veut le voir faible. Le voir commettre l'erreur de sa vie en se perdant dans ses bras. Si seulement ils n'étaient pas entourés par les regards curieux. Il a de la chance. La maladroite n'a pas d'autre choix que de calmer son envie. La remettre à plus tard. Les doigts au poignet dans un geste brusque. Peau contre peau. L'une brûlant de désir et l'autre de colère. C'est ainsi qu'elle les aime. Le regard noir et sentir la possibilité de les amadouer. Un sursaut provoqué par le geste qu'elle n'attendait pas de si tôt. Elle n'a pas totalement profité de son erreur. L'ordre d'arrêter et elle obéit. Il ne lui laisse pas le choix. Ça aurait été autre chose en privé, elle ne se serait pas gênée pour y retourner. Chanceux d'avoir été victime de ce stratagème ici. Le mouchoir quittant ses doigts, elle reste bête. Apparence. Les mains sur les genoux nus. Une enfant après une belle connerie. Les yeux suppliants pour quelques mots gentils. Elle a besoin d'être rassurée. L'étudiante effrayée par sa moyenne. Un petit mot pour réchauffer le cœur. Mademoiselle Pettersen. Mademoiselle Pettersen. Mademoiselle Pettersen. Ça résonne. Ça a la goût de l'erreur. Une faute pour le professeur. Il se souvient d'elle, de son nom, si ce n'est pas un signe. Calla sait qu'elle est sur la bonne voie.  « Je suis navrée. » Elle a perdu sa joie, c'est triste presque ponctué par un soupire. La gosse honteuse quitte le visage pour la tâche. Son œuvre, elle y reste un petit moment de quoi installer une certaine gêne. Pas chez elle, jamais !  « J'ai un peu d'argent pour payer le pressing. » Sur elle, Calla ne doit pas avoir plus de dix euros, elle sait que pour payer cette manipulation elle devra bien plus que décrocher un téléphone. Mais pour lui. Pour Montague elle est prête à ça. Écarter les cuisses pour lui. Avec lui ça aurait été mieux, mais c'est sans doute trop tôt. Puis c'est toujours mieux que lui proposer de souffler dessus pour que ça sèche.  «J'espère que je ne vous ai pas brûlé. » Tête penchée, les yeux toujours rivés sur la partie intime. Le regard monte d'un coup pour s'accrocher à l'autre.  « Ça serait vraiment dommage. »  Les mots remplis de sous-entendus comme les yeux. Ils ne sont plus innocents, c'est court, rapide, mais assez pour qu'il le voit. Elle le quitte des yeux pour le livre. Fait glisser ses doigts sur le banc pour l'attraper. Calla le porte près de son visage pour sentir l'odeur des pages, c'est stupide, mais elle a toujours aimé cette odeur. Les jambes croisées, la peau se dévoile un peu plus, mais rien de trop. Les pages se tournent. Lecture rapide de quelques phrases. Elle le referme rapidement, d'un coup net et le pose sur la partie nue de sa cuisse. S'il le veut, il devra venir le chercher. Calla le tient d'une manière où il est presque impossible d'éviter d'effleurer la peau, les paumes de ses mains contre la couverture.   « Il a l'air vraiment intéressant. » Comme son propriétaire. Les innocents sont de retours, plantés dans les yeux de Montague.


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MessageSujet: Re: i'm gonna get you (Montague)   Mer 14 Oct - 17:24

I'm gonna get you
Les étudiantes. Montague savait par expérience que les étudiantes étaient diverses et variées. Il y avait les sérieuses, les créatives. Les prétentieuses et les invisibles. Ce qui l'ennuyait, c'était que quand il pensait à Calla, il n'arrivait à la mettre dans aucune de ces catégories. La jeune fille était la parfaite outsider. Une audacieuse comme il n'en avait jamais rencontrée. Montague avait pourtant travaillé en étroite collaboration avec certaines étudiantes en master, qu'il revoyait de temps à autre même. Il n'était pas e type le plus sociable de la planète, mais il s'en tirai bien. Avec Calla, c'était totalement différent. Il s'en était rendu compte depuis quelques temps, les sens du lynx l'avertissant. Il avait noté, parmi tous les regards rivés sur sa personne dans les grands amphithéâtres, que celui de la jeune fille ne le quittait jamais. Comme si elle le dévorait des yeux. Encore à cet instant, alors qu'elle venait de le rejoindre sur le banc, il gardait cette étrange impression de se sentir épié. Comme si ses yeux avaient le pouvoir de le faire se sentir mal à l'aise. Et si seulement il ne s'agissait que de ça ! Elle tentait des approches, allant d'un simple devoir qu'elle venait lui rendre en cours à des actes plus mystérieux, plus entrepreneurs, comme ceux qu'elle entreprenait en ce moment même. Montague ne pouvait s'empêcher de la dévisager, comme s'il espérait que les réponses à ses questions lui seraient données toutes cuites, sur-le-champ. Qu'était-elle. Que voulait-elle. Nymphe qui croisait gracieusement ses jambes devant lui, qui dévoilait habilement un décolleté séducteur le temps de récupérer son portable qui, bien évidemment, se trouvait au fin fond de son sac. Montague s'était éclairci la gorge. Pas par gêne, mais comme pour tenter de lui faire remarquer ces détails qui semblaient complètement lui échapper, à elle. Calla. Montague fut tellement obnubilé par toutes ces petites choses, tous ces petits rien, que le lynx amadoué ne vit pas venir le coup. Ou plutôt le café. Patatras ! Catastrophe pas vraiment naturelle. Tsunami brunâtre et brûlant qui se répandit sur ses genoux et sur la partie supérieure de son pantalon. La colère de Montague éclata lorsqu'il sentit la douleur vive d'une brûlure au niveau de ses cuisses. La guérison fut instantanée, il se sentait déjà mieux alors qu'il lui criait presque – non, totalement – de faire attention. Masque ? Façade ? Innocence qui peignait son visage, à Calla, tandis que Montague interceptait son poignet in extremis, alors qu'elle s'aventurait sur une partie qui ne lui appartenait définitivement pas, et qui manqua de faire sortir la bête de ses gonds. Montague la regardait avec un mélange d'exaspération et d'intérêt. Il avait du mal qu'elle ait posé ses mains , à cet endroit, sur lui. Audacieuse impertinente petite nymphe. Prude, Montague ? Absolument. Surtout qu'il s'agissait d'une de ses étudiantes... et quand bien même elle aurait été une parfaite inconnue, non, décidément, il ne l'aurait pas laissée faire. Seule son épouse pouvait prétendre posséder cet endroit de son anatomie.

L'étudiante, elle, bredouilla des excuses, et en l'espace d'un instant, Montague se demanda s'il n'avait pas été trop dur. Il se connaissait. Il connaissait l'impulsivité qui le gonflait parfois – souvent. Les traits du professeur s'adoucirent petit à petit, au fur et à mesure que son regard décortiquait un semblant de tristesse sur le visage de Calla. Sans se douter bien évidemment du diabolique stratagème mis en place par la jeune fille ! Lorsqu'elle lui proposa de payer le dressing, Montague secoua aussitôt la tête. « Ne vous donnez pas cette peine. Je m'en chargerai. » Amour-propre piqué à vif, Montague tenait à lui montrer qu'il n'avait pas besoin d'elle. Et elle. Qui ne le regardait pas, mais qui regardait cette tache, sur son entrejambe. Montague commençait à se poser bien des questions quand elle lui dit qu'elle espérait qu'elle ne l'avait pas brûlé. Il ne put s'empêcher de la reprendre, et aussi pour combler un silence qui, il le savait, l'aurait mis dans l'embarras au vu de ce qu'elle continuait de regarder, et surtout de ce qu'elle se permit d'ajouter. « Ébouillanté serait un terme plus adéquat, » répliqua-t-il en se tortillant sur son siège, se donnant un air courroucé alors que sa colère s'était envolée. Il capta bien évidemment cette lueur grivoise dans le regard de la nymphe, et en fut tellement perturbé qu'il ne put que rester à la dévisager, elle, une fois de plus. Jusqu'à ce qu'elle déporte son intérêt pour La Divine Comédie, réfugiée diplomatique à droite de Montague. Celui-ci la laissa l'attraper, le feuilleter, le sentir, même. Il ne savait pas vraiment comment réagir, il se sentait terriblement envahi. Calla le posa finalement sur ses genoux nus, et Montague y posa les yeux l'espace d'un instant, juste avant qu'elle ne lui dise que l'ouvrage avait l'air intéressant. Montague fut tout d'abord horrifié qu'elle ne l'ait pas lu, mais se rappelant son jeune âge, il n'exprima pas son sentiment. Au lieu de cela, il répliqua : « Bien sûr qu'il est intéressant, » sur un ton presque désagréable. Presque, parce qu'il n'arrivait plus à paraître courroucé quand il n'était que terriblement intrigué. Il jeta à nouveau un regard au livre, qui trônait toujours sur les genoux de Calla, et ajouta : « Vous devriez le lire. » Il ignorait si c'était un piège qu'elle lui tendait, mais il avait bien l'intention d'aller récupérer l'ouvrage. Il tendit la main vers celui-ci, ne voyant aucun mal à toucher sa peau alors qu'elle venait quand même de le toucher à un endroit beaucoup plus intime. Il lui rendait la monnaie de sa pièce, voilà tout. Il glissa alors sa main sous celle de la jeune fille pour s'emparer du livre, et le bout de ses doigts vinrent rencontrer la peau diaphane de sa cuisse. Il lui jeta un regard qui voulait presque dire « Un partout balle au centre », puis vérifia que son marque-page était toujours à l'endroit où il l'avait laissé. Une photo qu'il avait prise du palais Strozzi, souvenir d'un voyage à Florence. Photo qu'il laissa un moment suspendue en l'air, dans sa main, comme pour voir si cela attirerait l'attention de la nymphe.
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MessageSujet: Re: i'm gonna get you (Montague)   Jeu 15 Oct - 15:56


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MONTAGUE & CALLA





Joueuse depuis son plus jeune âge. Fille unique, Calla est une solitaire. Égoïste à l'imagination débordante. Sans aucun camarade pour l'accompagner dans ses divertissements. Personne pour tenir la troisième barbie. Personne pour venir la trouver quand elle se cachait sous le lit. Personne pour lui dire d'arrêter ses bêtises avant qu'il ne soit trop tard. Aucune barrière à ses jeux. Habituée à être la seule qui impose les règles. Toute cette histoire, ça sort de sa petite caboche. C'est un peu comme jouer avec des poupées. Grandeur nature. Qui parlent. Avec des sentiments et des réactions que la jeune femme ne contrôle pas. La preuve qu'il n'y a presque que le corps qui a grandi. L'âme est restée la même. Capricieuse. Joueuse. Enfin, l'âme si elle est toujours là, c'est encore flou pour elle. Cette nouvelle condition, plus d'un an, mais encore beaucoup de questions. Au fond, elle n'est pas sûre de vouloir tout connaître. Garder un peu de mystère. Le peu qu'elle sait semble suffisant pour le moment. Calla s'occupe comme elle peut. Comble les trous de sa vie misérable de la pire des manières. Certains lisent, elle, elle fait fonctionner sa cervelle pour une atroce raison. Certains vous diront que c'est à cause de son père, d'autres que sa mère la berçait trop près du mur. Elle est peut-être tout simplement née comme-ça. Avec un goût prononcé pour la destruction et la haine. Oui, Calla était de ces enfants qui prenaient un malin plaisir à détruire les châteaux merveilleux faits de morceaux de bois des autres morveux. Celle qui avait toujours un sourire en coin quand on haussait la voix après une énième réprimande. Ce n'est que plus tard qu'elle a appris à jouer les victimes. Les yeux brillants de tristesse. La bouche entrouverte. Quand un démon est élevé par le Diable, ça ne peut que mal se terminer. L'ange, le bon est parti. Pas de nouvelles de celui qu'elle appelait papa. Il l'a laissé seule avec le Malin et elle a fait de Calla son petit soldat. Mieux que ça, son clone. Alors que l'une fait ça pour vivre, l'autre use de son pouvoir pour séduire les âmes qu'elle pense fortes. Car oui, la gamine jette son dévolu sur ceux qui lui semble être fort. Les hommes qui ont des raisons de ne pas se retourner sur son passage. Ces chiens là, elle n'en veut pas dans son jeu. Ils sont une perte de temps. Les affamés, elle les fait payer pour pouvoir s'acheter de quoi oublier sa condition misérable. Oublier qu'ils ont souillé son corps pour quelques billets car rares sont les clébards qui arrivent à la satisfaire. Oui, Montague Rochas semble être un homme fort. Différent. Calla le voit dans sa façon d'agir, de la regarder, elle et les autres minettes qui rêvent de vivre une histoire comme dans les livres à l'eau de rose. Calla, préfère les thrillers, les histoires qui se terminent mal pour l'un des protagonistes. Il n'utilise pas son rang pour se taper la jeunesse qui ne demande que ça. Rochas il ressemble pas aux autres obsessions. Première fois qu'elle s'attaque à un vieux bourgeois coincé. Ça change des autres avec qui elle avait un minimum de points communs. Lui et ses costumes sur mesure. Lui et son regard distant. C'est cette distance, ce no man's land que la belle veut parcourir en évitant les balles. Faut la jouer intelligemment avec monsieur. Une erreur et le jeu prend fin, c'est ainsi qu'elle le voit. Il n'y aura pas de seconde chance avec le professeur. Quand elle le sent s'énerver, Calla lui offre son visage le plus enfantin. La môme rongée par la culpabilité. Parfait.
Navrée, la catin ne l'est pas. Elle est même très satisfaite du résultat. Montague se précipite dans le piège de la chasseuse. Presque trop facile. Plus il se calme et plus elle jubile. Intérieurement, la fête bat son plein. Tout se passe comme prévu, il n'y a aucun accroc. Elle espère que ça va continuer ainsi. Il refuse son argent et bien qu'elle ne le montre pas, Calla est soulagée. Rochas lui donne l’occasion de trouver un autre moyen de se faire pardonner. Pour plus tard. Il lui offre la possibilité d'une nouvelle rencontre. Pourquoi pas en privé cette fois loin des regards curieux. Les idées se bousculent à dans la petite cervelle. C'est encore brouillon, certaines irréalistes, d'autres trop banales pour cet homme. Elle veut le meilleur pour lui. Se surpasser. Se perd dans des hypothèses tout en regardant son œuvre. Une beauté éphémère. De toute manière avec l'odeur du café, Calla n'a plus vraiment envie de s'y approcher. Ce liquide brunâtre est le répulsif de Pettersen. Le regard séducteur. Quelques secondes, elle lui donne son véritable visage. Le reprend presque aussitôt pour le perdre. Il ne doit pas savoir, pas maintenant. Il doit hésiter, se poser des questions sur l'étudiante. Penser à elle, se demander ce qu'elle veut. Qui est-elle ? Rêver d'elle. Ébouillanté, le mot est prononcé et elle lui donne un air grave. Coupable d’abîmer le corps du bourgeois. « Il paraît que mes bisous magiques sont exceptionnels, mais je pense que c'est déplacé de vous proposer d'essayer. » La jeune femme ne souligne pas les sous-entendus, il doit bien les comprendre tout seul. Son attention se reporte directement sur le livre, fermant cette discussion sur une note déplacée. La catin prend un malin plaisir à se pencher sur son professeur pour attraper le livre. Elle fait danser ses doigts sur la couverture, tourne les pages et profite du parfum qu'il dégage. Elle oublie même presque qu'il est là. Montague. Quand elle s'en rappelle, les gestes changent, le jeu reprend de plus belle. Elle pose l'ouvrage sur ses genoux dévoilés. Rien d’exceptionnel. Rien d’excitant pour quelqu'un de l'âge de Montague, ça émoustille que les adolescents ou les affamés. Cette fois, c'est pour elle. Sentir ses doigts sur sa peau, là où ils ne devraient pas être. « Je n'hésiterais pas, enfin, seulement si on peut en discuter par la suite. » Calla veut bien prendre un peu de son temps pour lire l’œuvre de Dante seulement si elle y gagne quelque chose. Autre qu'une bonne lecture.  « J'aime parler des livres que j'ai lus, mais ma mère ne le supporte plus. C'était sans doute pas une très bonne idée de la réveiller vers deux heures du matin pour lui parler de King et de son croque-mitaine. » Le passage inintéressant d'une vie ennuyante. Petit détail pour lui faire croire qu'elle est comme les autres sans doute plus étrange, mais pas dangereuse. La possibilité de connaître un peu plus celle qui vient de renverser son café sur son pantalon. « Je vous promets de ne pas faire de même ! » Si elle a la possibilité de le contacter à deux heures du matin ça ne sera pas pour parler de Dante.  Alors qu'elle lui parle, elle sent sa main se glisser sous la sienne. Un sourire étire ses lèvres. C'est agréable le contact de ses doigts sur la peau nue. Il vient de rentrer dans un jeu où il terminera forcément perdant, mais il ne le sait pas. Ce regard veut tout dire pour Calla. Il vient d'accepter sa destruction. L’œuvre lui glisse des mains. Elle le laisse faire et suit chacun de ses gestes du regard. Montague. Montague, il lui donne de quoi jouer. Il la teste, elle le sait, mais ne peut s'empêcher de saisir l’occasion. Saisir la photo. « Jolie photo ! »  L'étudiante se tourne complètement vers Rochas. Elle n'a plus qu'un pied à terre, l'autre est dans le vide. Ce n'est pas confortable alors elle se relève un peu. Prend appui sur le genou de son professeur de la manière la plus naturelle possible.  L'opportunité de grappiller quelques centimètres de plus. Réduire la distance. Les genoux sont ramenés sur le banc ne laissant aucune séparation entre les deux corps. Le contact volontaire des articulations contre les cuisses de Montague. La main s'occupe rapidement de la jupe pour ne pas trop en dévoilés aux regards curieux. Elle coince le tissus entre ses cuisses.  « Vous avez beaucoup voyagé ? » Les yeux brillent de curiosité. Il fait ressortir la véritable gamine. La rêveuse. Le jeu ne devient qu'un plus, mais c'est surtout l'envie d'écouter des histoires sur d'autres pays. S'imaginer voyager alors qu'elle n'a jamais été plus loin que la région parisienne. Les yeux se perdent quelques instants sur la photo avant de s'ancrer dans ceux de Rochas. « Racontez moi quelque chose ! Un souvenir ! Le plus merveilleux ! » Enthousiaste elle attrape l'avant bras de son professeur comme pour le forcer un peu plus.


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MessageSujet: Re: i'm gonna get you (Montague)   Mer 28 Oct - 16:43

I'm gonna get you
Elle était une créature des plus fascinante, mais des plus envahissante, également. Telle l’œnanthe, elle s'étendait çà et là, gagnait du terrain dans le cercle intime de Montague, usait de ses charmes pour anesthésier ses sens, faire passer l'invasion pour une simple autorisation qu'il lui aurait donnée, lui. Ce professeur aigri par les années passées à entretenir sa solitude sur son lieu de travail. Il est vrai que Montague n'avait jamais été doué pour se faire des amis. Cela avait commencé avec la peur de blesser, quand il ne contrôlait pas la bête, puis la peur de se faire démasquer quand la bête devenait forte, plus forte qu'il ne le serait jamais. Ensuite, il y avait eu la colère. Celle que l'on ressent quand on est incompris. Une colère passée sous silence, une colère qui aujourd'hui encore était palpable lorsque quiconque daignait s'intéresser à lui. Rebutant, le professeur. Mystérieux, semblait en avoir décidé Calla. Était-elle décidé à percer ce mystère qui entourait son professeur ? Montague n'aurait su le dire. S'il était plus clairvoyant, avec Calla, il ne voyait rien du tout. Elle était aussi imprévisible que ses sautes d'humeur ne l'étaient, cette seule similitude donnait à Montague une étrange impression, comme celle que ressent un élève gaucher qui se rend compte que son voisin l'est aussi.

La fascination quitta momentanément Montague pour la colère. Un soupçon de douleur dans l'incident, dans le café qui se renversa sur son entrejambe. Qu'elle l'ait fait exprès ? Jamais Montague n'aurait pu s'en douter. Elle paraissait pure, si pure. Insouciante. Loin de ce qu'elle pouvait en réalité être. C'était un numéro, et Montague marchait. À fond. Protestant toujours comme à son habitude, la reprenant, remplaçant un mot par un autre. Ébouillanté. Ce qu'elle lui répliqua laissa Montague sans mot l'espace d'un instant, ses yeux rivés sur l'étudiante. Un discours d'enfant dans la bouche d'une presque femme. Un bisou magique. Il la fixa longuement, comme s'il réalisait lentement ce qu'elle insinuait via ses propos aux embruns d'innocence. Était-ce elle, ou était-ce lui. Son esprit déformait-elle ce qu'elle disait ? Montague était dubitatif. Il avait le sentiment de se faire des idées, mais aussi l'intime conviction que Calla n'était pas aussi chaste qu'elle en avait l'air. La bête le sentait. Les griffes menaçaient de remplacer les ongles d'un moment à l'autre, pour s'enfoncer dans le bois de ce banc. Réflexe, réaction. Quoi qu'il en fut, il ne répliqua pas, ou plutôt, il préféra changer de sujet, comme si son seul regard avait suffi à fournir une réponse à Calla. Il préféra se reporter sur la Divine Comédie, en vanter les mérites l'espace d'un instant, pour échapper à cette cloche qu'elle refermait sur eux. Ne pas la laisser les isoler. Introduire quelque chose, n'importe quoi au milieu du champ de bataille. Dante. Voilà. Parfait. Et Calla qui ne perdit pas de temps pour répondre, et qui ne manqua pas non plus l'occasion de réintroduire ce petit quelque chose de personnel en exigeant presque vouloir discuter de l'ouvrage une fois celui-ci lu. Montague pencha la tête sur le côté d'un air presque vorace. Pas de réponse. Son silence en guise de compensation. Et les explications de Calla qui prennent place, qui fusent, qui sont comme la pluie sur le sol, qui rebondissent dans l'esprit de Montague. King. Il connaît, bien sûr qu'il connaît, mais seulement de nom. Puis, une promesse. Montague se surprit à imaginer une conversation nocturne avec son élève, et il fut bien incapable de décider si cela était mauvais ou bien. Un sourire étira enfin ses lèvres alors qu'elle s'est emparée du livre. « Je n'ai jamais lu King. Et je dors très peu. » Une invitation ? Cette fois, oui. Clairement. Il ne sait pas vraiment ce qu'il lui prend, Montague. Il parle. Les mots fusent. Il est séduit. Et il va récupérer le livre, sans gêne aucune, égalisant la partie, l'incident du café presque oublié alors qu'il expose son marque-page à la curieuse, comme un piège. Et Calla mordit à l'hameçon comme il s'y attendit. Jolie photo ! A nouveau, elle prenait un peu plus de place dans son cercle intime. Une main sur le genou de Montague qui la regarde faire sans bouger d'un iota. Désormais, elle est presque collée à lui. Enfin, à ses cuisses. Elle arrange sa jupe, et Montague détourne le regard pour le reposer sur la photo. Prétexte pour ne pas laisser ses yeux s'aventurer sur un territoire interdit. « Merci, » répliqua-t-il en réponse au compliment. Puis, une nouvelle question fusa. Il posa à nouveau ses yeux sur elle, et sourit à nouveau en lisant la curiosité dans le regard de l'étudiante. « En effet, » qu'il répondit non sans laisser transparaître une certaine fierté dans sa voix. Et puis, une exigence. Une de plus. Montague la laissa s'agripper à son bras en étant quelque peu surpris de ne plus ressentir autant de gêne qu'avant. Il leva les yeux au ciel, faisant mine de réfléchir, puis déclara : « Merveilleux ? Je ne pourrai en citer qu'un seul. Tous l'étaient. Le plus marquant restera cependant mon voyage à Florence, et de loin. Cette ville est faîte pour les artistes, pour les rêveurs et pour les gens désireux de toucher la Beauté des yeux. En fait, elle n'était pas du tout faîte pour moi, et c'est tant mieux sinon je crois que je ne serai jamais revenu à Paris. » Montague posa ses yeux sur la photo, se rappelant ses déambulations dans la ville. De jour comme de nuit, car le félin lui aussi avait tenu à voir Florence. Et ce souvenir n'était pas le plus marquant parce qu'il avait réalisé que Florence n'était pas faîte pour lui. Il était le plus marquant car c'était là-bas qu'il avait mordu, pour la première fois. Et à cette seule pensée il sentait ses pupilles s'affiner en l'espace de quelques secondes, avant que l'homme ne reprenne le dessus sur la bête. Puis, il ajouta, soudain curieux, enfilant le manteau du professeur : « Des idées d'orientation, après votre licence ? »
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MessageSujet: Re: i'm gonna get you (Montague)   Dim 1 Nov - 21:58


“She thought she was independent and strong, but she got one small taste of love and she was hungrier than anyone. She was ravenous.”


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Ce n'était pas régulier avec le professeur. Elle ne peut pas se permettre d'être aussi envahissante ou séductrice. Calla ne peut pas jouer avec lui comme elle joue avec les autres. Il la force à s'améliorer. Trouver d'autres techniques d'approche. S'élever un peu plus dans la manipulation. Améliorer son don. Cependant, les différences ne s'arrête pas là. La gamine ne le voit pas encore, mais elle s'attache déjà à l'homme. Elle ne veut pas juste le voir céder, le voir faible. Non, elle veut le voir fort et fière. Elle veut le voir lutter de toutes ses forces contre le démon afin de pouvoir rester près de lui encore longtemps. Elle veut partager énormément de choses avec lui. Parler de tout et de rien. Écouter les histoires qu'il garde égoïstement. Toucher du bout des doigts une vie qui n'est pas la sienne. Tellement différente. Connaître son plus grand secret et en devenir la gardienne. L'envie de détruire n'est plus aussi importante. Sans doute, elle se rend compte qu'il a beaucoup plus a donné qu'elle ne le pensait au départ. Qu'il est plus intéressant que les autres. Ou alors elle devient faible. Toujours a choisir les mauvais, ceux qui peuvent avoir un pouvoir sur elle. Toujours, Calla, toujours à se tromper et il est déjà trop tard pour corriger cette erreur.
Les bisous magiques, valeur sûr ! L'enfance avec une pointe d'arrière pensée et à son regard, elle sait qu'il comprend ou qu'il hésite. Elle le perd entre l'innocence qu'elle lui donne et les mots à double sens. S’intéresse à ses réactions. Regarde s'il est prêt pour passer à l'étape suivante, plus directe. Calla s'amuse avec l'innocente image qu'elle peut renvoyer, mais ce n'est pas elle. La gosse ne veut pas qu'il s'attache à un mensonge. A un mirage stupide qu'elle a utilisé juste pour tâter le terrain. Il doit aimer la véritable. Apprécier la femme imprévisible. Persister dans le risque de voir tout ce qu'il connaît s'effondrer juste pour être avec elle. Mais pour ça, elle doit retirer le masque et c'était toujours une étape risquée. Va-t-il aimer ce qu'elle va lui donner ? Va-t-elle réellement lui plaire ? Les doigts caressent la couverture. Forment des cercles  puis des lignes, retracent quelques lettres. Elle laisse une empreinte invisible sur l’œuvre, quelque chose qui montre que Calla est passée par là et que ce n'est que le début. Qu'il pense à elle, à la façon dont ses doigts dansent sur le livre et comment ils pourraient danser sur sa peau. Juste qu'il pense à elle en posant ses yeux sur le livre. Elle s'infiltre de la façon la plus douce. Ils ne la voient jamais envahir les esprits. Ne s'en rendent compte que quand il est déjà trop tard. Les phrases s’enchaînent, relève un peu d'elle. Des détails sans trop d'importances, mais assez pour instaurer une certaine intimité. Lui faire croire qu'il connaît plus de choses sur elle que la demoiselle connaît sur lui. Lui donner un peu d'avance, lui donner un peu de pouvoir. King, lui ou un autre. Le plus connu.  « Jamais ? » Une véritable révélation, elle reste la bouche entrouverte autant pour cet aveu que pour la phrase qui a suivi. Montague joue. Le joueur numéro deux a fait son entrée dans la partie.  « Et que faites vous de vos nuits alors ? J'aimerais bien quelques idées pour occuper les miennes.» En attendant de partager les vôtres. Calla a l'habitude sortir pour ne pas faire les cent pas chez elle. S'immisce dans le monde de la nuit et le fait sien. Cherche un futur repas quand l'alcool redéfinit le danger. Le geste est excitant, le voir prendre les devant, venir chercher sa propriété là où il ne devrait pas s'aventurer. Un juste retour des choses et comme elle n'aime pas quand le dernier geste ne vient pas d'elle, trouve une excuse pour l'envahir un peu plus. Change de position, pose sa main sur le genoux pour un soi disant appui, surtout pour le marquer. Curieuse du geste qu'il pourrait faire pour prendre l'avantage. Ses genoux nus sont à lui, les cuisses aussi. Il ne peut pas faire de mauvais choix. Elle sent le regard se détourner quand elle ajuste sa jupe pour ne rien dévoiler de son intimité. Elle trouve ça mignon. Gentleman le bourgeois coincé. Il ne se rince pas l’œil, mais elle ne voit pas ça comme une défaite, bien au contraire. Bientôt son regard se posera sur cette partie qu'il veut éviter et bien d'autres. Il en redemandera, elle le sait. L'heure n'est juste pas encore arrivée. Ce sourire, elle l'aime surtout quand ses yeux sont aussi posés sur elle. Quand elle est la seule qu'il regarde. Elle aurait presque envie de se cacher, presque intimidée par ce regard. L'élève envie le professeur et ses voyages. Elle s’agrippe au bras en lui quémandant un souvenir. Pas n'importe lequel, le plus beau. Toujours à vouloir le meilleur, l’exceptionnel. Elle boit ses paroles, les yeux étincelants.  «Je suis heureuse que cette ville n'était pas faite pour vous. » Autrement dit, elle est heureuse de l'avoir à ses côtés. De sentir sa cuisses contre sa peau. Les doigts se desserrent lentement. Libèrent l'emprise  puis quittent complètement le bras avec une envie d'y revenir de suite, mais elle se retient. Pose ses mains sur ses cuisses et les regarde. « Je suis certaine que vous avez beaucoup d'histoires intéressantes à raconter sur vos voyages. » Il pourrait l'ensorceler avec ses récits. Faire d'elle d'une enfant domptée grâce à la magie de l’inconnu. Encore faudrait-il qu'il se rende compte de ce pouvoir.  « et j'ai hâte de les entendre. » Pas maintenant, mais dans l'avenir.  Ce n'est pas une demande, mais une prévision. Ce n'est que le début, elle reviendra, ne lui laissera pas le temps de se reposer ou de penser à quelqu'un d'autre. Calla lève la tête pour le regarder. Bien évidement le sujet qu'il ramène ne lui plaît pas, mais elle se doutait qu'il allait arriver un jour ou l'autre. Elle n'a pas d'idée, n'y a pas vraiment réfléchi. L'année qui vient de passer ne lui en a pas laissé le temps. Puis pourquoi se fatiguer à chercher une idée alors qu'elle sait pertinemment que son futur consistera à reprendre l'affaire familiale et ouvrir les cuisses pour payer le loyer. Elle hausse les épaules.  « J'ai été pas mal occupée ces derniers temps, je ne me suis pas encore penchée sur cette question. » Effectivement la mort ça chamboule les plans. Ses études sont passées au second plan, enfin, elles n'ont jamais été au premier plan. Calla n'y a jamais vraiment donné beaucoup d'importance même si elle fait toujours son possible pour avoir les meilleurs notes. C'est surtout une question d'amour propre, ne pas être médiocre dans tous les domaines. Il lui arrive encore de se demander pourquoi avoir fait des études supérieurs.  «  Vous avez peut-être des conseils à me donner ? »


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MessageSujet: Re: i'm gonna get you (Montague)   Ven 13 Nov - 12:00

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La fierté. Elle régissait la moindre des actions de Montague, la moindre de ses pensées, de ses paroles. Son regard vomissait cette fierté acquise au fil des années, il criait haut et fort qu'il était s'en était sorti tout seul. Il gueulait dans un silence interrogateur qu'il était différent, qu'il n'avait besoin de personne. Mais la fierté en était venue à faire ménage avec une toute autre émotion, contradictoire. Le désarroi. Celui provoqué par l'arrivée cette étudiante. Toujours la même. La seule à tenter des approches dignes de celles d'un papillon tournoyant autour de la lumière aveuglante d'une ampoule. Calla Pettersen n'en avait cure de sa fierté, et Montague en était tout embêté. Elle n'était jamais venue aussi près. La plupart du temps, un bureau les séparait, ou une estrade. Ici, rien. Rien du tout, sinon quelques misérables centimètres qui faisaient vibrer l'air autour d'eux. Montague était venu ici pour lire, Montague était venu ici pour être tranquille. Ni plus ni moins. Et la voilà qui débarquait, elle, et qui l'ébouillantait avec une sorte de maladresse divine. Colère ? Oui. Colère. Exaspération. Montague aurait sorti les griffes s'il l'avait pu, la violence de la douleur avait fait rugir le lynx, la bête, le lui. Le sauvage. Mais pas devant elle. Montague ne voulait pas que ses élèves le voient autrement que comme ce professeur pince-sans-rire, un peu coincé, qui donnait toujours ses cours sans le moindre support. Alors il n'avait rien fait. Il n'avait fait qu'exprimer son mécontentement oralement, avant qu'elle, l'étudiante, ne tente une toute autre approche. Celle de ses mains, fusant en direction de l'entrejambe et du pantalon gorgé de café. Un mouchoir à la main. Main que Montague avait interceptée, aussi surpris qu'agacé, aussi intrigué que curieux. Elle avait piqué sa curiosité, à agir comme elle le faisait. À parler de cette voix d'enfant sage mais qui avait de sonorités d'adulte égarée. Égarée sur ce banc où elle venait lui parler comme s'il n'était qu'un simple camarade, lui qui pourtant était bien plus que cela. Montague ne savait pas très bien ce qui pouvait lui trotter dans la tête, à Calla. Elle était différente, il l'avait remarqué depuis un petit moment déjà. Mais jusqu'à quel point l'était-elle ? Elle restait une espèce d'énigme aux yeux de Montague qui détestait les imprévus, qui prévoyait toujours tout, qui ne prenait jamais de risques. D'elle, il n'expliquait rien. Il n'anticipait rien. Comme cette conversation qu'ils engageaient, ce sujet pour le moins littéraire, cet étonnement sur ses confidences, et cette question qu'elle lui posait après qu'il lui ait dit qu'il dormait peu. Montague se surprit à penser qu'il aimerait bien lui dire la vérité. Juste pour voir quelle serait réaction. Il se surprit à vouloir lui dire qu'il passait ses nuits à courir les rues de Paris sous la forme d'un lynx roux. Dans d'autres circonstances, elle aurait pu croire à une plaisanterie. Mais avec ce qui se passait ces derniers temps... Montague préférait garder la vérité enterrée. Cachée. Museler la bête comme il l'avait toujours fait. Si beaucoup de créatures parvenaient à s'émanciper parmi les humains, Montague savait qu'il n'y arriverait jamais. Mais une nouvelle facette fit son apparition sur le visage de Montague, qui se fit alors joueur. Il répliqua doucement, s'amusant à mêler vérité et mensonge,  : « Je vais, ici et là. Paris n'a de valeur qu'une fois endormie, à mes yeux. Quand toutes ces lumières ne sont plus. » Mais de là à penser que cela pourrait lui donner des idées, Montague était bien loin. Il la regarda changer de position, se rapprocher plus encore, la remerciant quand elle proclamait jolie la photographie qui servait de marque-page au professeur. Souriant, quand elle s'extasiait et lui demandait de lui raconter un souvenir. Montague aurait pu dire non. il aurait pu clore la conversation, la renvoyer à ses rêveries, être brutal. Mais elle l'avait séduit. Du moins, il était séduit. Il ignorait si elle avait fait exprès, il était loin de penser qu'elle pouvait être aussi maligne. Elle n'était qu'une jeune fille. Alors, il se mettait à parler de son séjour à Florence. De sa passion pour cette ville, de ses sentiments à son égard, des occasions qu'il n'avait pas saisies à l'époque. De son retour à Paris. Calla dit alors quelque chose qui fit hausser un sourcil au professeur, et il accueillit la remarque avec un silence indécis. Jusqu'à ce qu'elle ajoute autre chose, tranchant son manque d'éloquence en deux. Des histoires intéressantes ? Hâte de les entendre ? Montague étira un petit sourire. « J'en ai quelques unes, oui, » répliqua-t-il, appréciant le fait qu'elle ait l'air véritablement fascinée. Puis, il ajouta : « Il faudra vous en montrer du digne. » Du bout du doigt, de l'index, il effleura le dos de la main de l'étudiante, avant d'embrayer sur un autre sujet. Ses études. Son orientation. Comme pour essayer de savoir si elle sera encore là l'année prochaine. Comme par peur que le petit oiseau ne prenne son envol et ne s'éloigne vers d'autres cimes, vers d'autres cieux. Elle lui avoua avoir été occupée, ne pas s'être penchée sur la question. Montague pouvait comprendre. Quand elle émit la supposition qu'il avait peut-être des conseils pour elle, il haussa les épaules. « Ce ne sont pas les possibilités qui manquent. Tout dépend de ce que vous aimez... l'archéologie est un domaine fascinant, par exemple. Vous semblez attirée par les fossiles, alors ça peut être une voie... » Il parlait de lui, bien sûr, et pourtant, il ne se permit pas de rire à sa propre bêtise, attendant d'abord de voir quelle serait la réction de la jeune fille.
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MessageSujet: Re: i'm gonna get you (Montague)   Dim 15 Nov - 17:04


“She thought she was independent and strong, but she got one small taste of love and she was hungrier than anyone. She was ravenous.”


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Ils ne s'arrêtent jamais. S'accrochent quelques secondes puis repartent à la découverte. Cette nouvelle proximité est une bénédiction. Ce n'est pas totalement une question de jeu, de stratégie. Ce passe-temps pernicieux devient la chose la plus importante qui peut exister pour la jeune femme. Les obsessions ont toutes fait battre son cœur à un moment, particulièrement pendant la découverte de l'autre. Exploration physique, superficielle de ces hommes, car elle ne s'attache pas aux paroles. Il n'y a que l'extérieur qui l'intéresse. La beauté éphémère. Les yeux parcourent chaque parcelle de peau visible. Plus elle contemple et plus elle comprend pourquoi son choix s'est porté sur lui et pas un autre. Les ridules séduisantes de l'homme expérimenté. Les quelques cheveux qui n'ont plus la belle couleur. Le menton saillant, mais pas trop. Ce nez asymétrique. Le regard descend, se fait une image vague de choses non visibles avant de se poser sur les mains. Les doigts on dû courir de nombreuses fois sur la peau douce d'une épouse. S'arrêter sur l'intimité de l'être aimée. Provoquer le plaisir ou punir. Calla jalouse cette femme qu'elle ne connaît pas. Celle qui a pu goûter à toutes ces choses qu'elle admire depuis quelques minutes. Puis ça remonte, emprunte le même chemin. Imagine un peu plus certains détails et se permet un petit sourire à cette vision presque parfaite. Elle remonte jusqu'aux trésors, le plus intéressant pour le moment. Le regarde directement dans les yeux comme pour découvrir tous ses secrets. Cette partie sombre qu'on s'efforce de cacher à tout le monde. S'attache à la pupille et ne part plus. La joueuse veut voir la réaction. La femme veut profiter de la beauté de l'homme bien conservé. L'enfant veut sentir le regard sur elle, sentir une pseudo-importance. Ça se mélange, mais comme toujours, elle ne voit pas le danger se lever à l'horizon.Quand ça dépasse les limites du jeu, elle ne s'en rend pas compte ou bien trop tard. Le choc à la tête a tout perturbé là-dedans. Ce n'est plus aussi cruel qu'avant. Les sentiments arrivent à trouver les failles laissées dans son esprit estropié. Pour le moment ce n'est que le début. L'étape la plus importante dans laquelle il faut amadouer la proie. Jouer à l'innocente, l'imbécile ou la fragile. Voir ce qui pourrait plaire le plus à l'homme et en faire sa nouvelle identité. L'imbécile maladroite ne semble guère l'intéresser, une bonne chose ce n'est pas le rôle qu'elle préfère. L'innocente à la langue fourchue qui curieuse s'invite dans le privé sans crier gare. La fragile pour plus tard, il a eu quelques échantillons en même temps que l'imbécile, mais pas suffisamment pour voir si ça pouvait l’intéresser. L'ingénue reste son masque favori. La partition est connue sur le bout des doigts qu'elle aime poser sur le corps qui ne lui appartient pas pour tester. Des gestes qui semblent si naturels si inoffensifs. En réalité, c'est sa marque qu'elle dépose. Invisible, mais bien présente. Les nuits comme sujet de conversation. Il accepte de la faire rentrer un peu plus dans son monde. Juste quelques détails, rien de trop envahissant. Pour le moment du moins, car Calla aime pousser, creuser jusqu'à la révélation. La petite chose sur laquelle elle pourra s'accrocher au moment venu. L'utiliser comme il se doit. Change de position autant par confort que par envie de s'approcher de lui. « Il n'y a pas meilleur endroit ni meilleur moment que Paris la nuit. » La ville change de visage quand les bars ferment leurs portes et laissent les effluves d'alcool tituber dans les rues à l'attente du premier métro. Le meilleur moment pour se nourrir des maladresses fatales, surestimations des capacités...Les deux raisons sont bien différentes imagine-t-elle. « Quand les véritables natures se dévoilent. »  Car quand les lumières s'éteignent les masques tombent. L'un ne va pas sans l'autre. Elle reste curieuse. Que peut-il bien faire la nuit, se promener ne semble pas suffisant comme réponse. C'est bien quand on est touriste, mais avec les années les promenades perdent un peu de leur charme. Il doit bien avoir un autre élément. Calla n'ira pas forcément chercher plus loin elle a déjà bien poussé le sujet, à lui de continuer s'il le souhaite. A continuer il risquerait de s’intéresser à elle, demander en quoi l'étudiante peut occuper ses nuits et c'est dangereux. Mentir. Dire la vérité. Mélanger les deux options pour créer la réponse parfaite. La jeune femme se perd dans le sourire et les mots. Laisse place à l'enfant curieuse. Dévoile ses dents quand les lèvres s'écartent de joie. Florence, l'Italie, la botte... Ça n'a jamais fait rêver la belle contrairement à l'Angleterre et cet accent irrésistible, mais il lui donnerait presque envie d'y aller. Elle raffole des histoires belles ou dramatiques. Enfin, c'est surtout le narrateur qui l’intéresse. La voix qui donne toute la magie aux images qu'elle invente. Alors bien évidement, elle en redemande. Il n'y en a jamais assez, comme la crème anglaise pour accompagner un gâteau au chocolat.  Ce n'est pas un rôle, elle lui donne la véritable Calla. Le sourire immense, les yeux étincelants de curiosité et de désir, mais il la provoque. Elle, la séductrice en effleurant sa main. Ça pourrait être anodin, un geste banal, mais ça ne l'est absolument pas. Elle regarde sa main comme pour être certaine de ne pas avoir inventé un tel acte. Il vient totalement de la prendre au dépourvu. Ce n'était vraiment pas prévu, lui qui semblait si distant. Il vient de franchir une étape supplémentaire permettant à l'étudiante de se permettre plus de choses dans le futur. Oui car pour le moment elle reste silencieuse. Rien ne lui vient à l'esprit sauf le frisson qui traverse chaque partie de son corps. Le regard interrogateur, elle aimerait qu'il la réconforte sur ce geste. La rassure sur le point qu'elle ne se fait pas des idées, qu'elle a bien compris ce qu'il vient de faire. Se montrer digne, que veut-il dire par là ? Elle ne sait pas comment le prendre, mais comme il a déjà changé de sujet de conversation, elle laisse couler pour le moment. Y reviendra plus tard, au moment parfait. L'orientation, elle n'aime pas spécialement ce sujet, mais ne se voit pas y mettre fin non plus. Que pourrait-elle bien lui répondre ? Elle n'a pas réellement d'avenir et elle le sait. Elle ne vivra jamais dans un super appartement haussmannien ni dans une belle maison en banlieue. Elle n'ira sans doute pas jusqu'au master. Calla laisse échapper un rire. Il est surprenant Montague, plus qu'il ne paraît. C'est une très bonne chose qu'il s'ouvre ainsi, c'est plus agréable.  «Je ne suis pas attirée par tous les fossiles.»  Cette fois elle a bien compris et entre dans le jeu. Il prend les rennes de la rencontre et la jeune femme le laisse faire. Ça lui permet d'en savoir davantage. «Certains sont plus intéressants, mieux conservés. Ils ont plus à donner. Il y a tellement de choses à apprendre et dans tous les domaines.» Il a joué et maintenant c'est au tour de Calla. «et je ne demande qu'à apprendre.» La main se pose délicatement sur la cuisse. Elle ne l'effleure pas comme il a pu le faire, non elle veut le contact. Les doigts glissent vers l'interdit alors que le regard ne quitte pas celui de l'homme, mais ils s'arrêtent avant de l'atteindre. « C'est encore mouillé. Je ne fais pas les choses à moitié et encore moins les bêtises.» Elle hésite à faire avancer ses doigts un peu plus vers l'entrejambe, après tout il le mérite. Il la provoque pourquoi n'aurait-elle pas le droit de jouer aussi ?


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